le 12/11/2007 à 06h55
(Boursier.com) -- Les groupes de médias surestiment la manne de la publicité en ligne, créant une nouvelle bulle spéculative sur les réseaux Internet sociaux (le "Web 2.0"). C'est le message délivré ce week-end par Maurice Lévy, le patron de Publicis, lors du Forum des Médias de Monaco.
Dans un discours dont le 'Financial Times' publie ce matin une synthèse, le patron du premier groupe publicitaire français s'est interrogé sur la valorisation boursières des groupes Internet, dont les "business models" sont exclusivement basés sur la publicité en ligne. Selon lui, "il y beaucoup trop de gens qui font de projets basés sur la publicité en ligne, et ils pourraient être déçus, car il n'y a pas assez d'argent pour tout le monde".
Ce dernier a comparé l'inflation des prix dans ce secteur à la bulle Internet de la fin de années 1990. A cette époque, "tout le monde pensait que parce qu'il avait un site Internet, il serait fortement valorisé. Aujourd'hui, tout le monde construit son réseau Web 2.0 et pense que la publicité va affluer"... Selon lui, les annonceurs sont encore réticents sur le modèle de publicité très invasif du Web 2.0 (publicités ciblées à partir de la collecte de données personnelles des internautes).
Les valorisations financières des réseaux Internet sociaux ont atteint des sommets il y a quelques semaines, lorsque le géant informatique Microsoft a pris une participation symbolique de 1,6% dans l'américain Facebook, une façon de contrecarrer la suprématie de Google.
Le montant de la transaction, 240 M$, valorise l'ensemble de la société à 15 Mds$, soit environ 100 fois le chiffre d'affaires annuel de Facebook.
Malgré la formation de cette bulle spéculative, Maurice Lévy s'est cependant dit confiant sur une poursuite de la forte croissance de la publicité en ligne, au détriment des médias traditionnels, même en cas de crise économique.
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Hum, humm, Maurice Levy aurait-il raté un virage ?
Publicis aurait-il trop tardé à investir ?