(Boursier.com) -- Trois anciens analystes de Moody's qui doivent témoigner devant la Commission d'enquête de la crise financière expliquent dans des notes préparées avoir subi des pressions de leurs patrons, obsédés par leur part de marché, pour attribuer des notes élevées aux produits de dette à risque. Les trois anciens salariés de Moody's décrivent notamment une atmosphère d'intimidation et de crainte. A contrario, le directeur exécutif actuel de la société tente de défendre le modèle d'affaires de l'agence de notation.
Nommé par le Congrès pour découvrir les origines de la crise financière de 2008, le comité se penche sur le rôle des notes de crédit et cherche à comprendre comment les investisseurs les utilisent. Moody's, Standard & Poor's et Fitch font l'objet de lourdes critiques pour avoir alimenté la crise par des notations trop élevées pendant trop longtemps, et pour les avoir ensuite déclassées trop rapidement.
Dans ses commentaires préparés, l'ancien vice-président de l'unité de dérivés, Mark Froeba explique que les contraintes du management pour accroître les parts de marché indiquaient clairement que les banquiers d'investissement qui contrôlaient les analystes, encourageaient ces derniers à attribuer une note élevée à une dette qui méritait "le pire". "Essentiellement, ils ont utilisé l'intimidation pour créer une population "docile" d'analystes afin d'incommoder les banquiers d'investissement et être prêts à coopérer à la mesure du possible", détaille Froeba, qui a quitté Moody's en 2007.
De son côté, Eric Kolchinski, ancien directeur général en charge de la notation de titres hypothécaires subprime de Moody's Investors Service explique qu'il n'avait pas assez de ressources pour examiner adéquatement les titres hypothécaires complexes qui sont au coeur de la crise du crédit. "Malgré le nombre croissant de transactions et leur complexité croissante, notre groupe n'a pas bénéficié de ressources suffisantes". "Mes propres tentatives pour rester au top du marché de plus en plus troublé ont été houspillées par mon manager. Elle m'a dit que je passais trop de temps à lire de la recherche".
Enfin, McDaniel défend le modèle actuellement en place, qui fait que les émetteurs paient pour être notés. Le directeur général ajoute que les agences de notation ne sont pas des "gardiens" et ne peuvent pas empêcher l'achat ou la vente de titres émis. "Les marchés peuvent et doivent grandir sans notation", précise McDaniel qui cite les CDS comme exemple.
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