(Boursier.com) -- Le feuilleton se poursuit autour de Free Mobile avec, cette fois, une contre-offensive de son concurrent SFR qui a pris sa plus belle plume pour écrire au régulateur des télécoms, l'ARCEP, et lui faire part de ses propres résultats de vérifications sur la qualité du réseau de Free, tendant à prouver que le gros des appels transite par le réseau en itinérance d'Orange.
Dans ce courrier, SFR explique avoir mené plus de 3.000 pointages : "Il ressort des mesures réalisées que, même dans certaines communes réputées couvertes par Free Mobile, les appels ont transité majoritairement, voire quasi-exclusivement par le réseau en itinérance d'Orange. Il s'ensuit que la population résidant dans les zones où les appels émis transitent par le réseau d'Orange ne saurait en aucun cas être regardée comme couverte par le réseau de Free Mobile", souligne SFR. "Ces mesures suscitent donc les doutes les plus sérieux sur le respect par Free Mobile de ses obligations de couverture".
L'Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes avait pourtant tenté fin janvier d'apaiser la controverse, alors que Free a été tout particulièrement critiqué par ses concurrents et par certains syndicats pour ne pas offrir un service digne de ce qui avait été inscrit dans le cahier des charges imposé par le régulateur, et de s'appuyer un peu trop sur le réseau d'Orange dans le cadre de leur accord d'itinérance...
L'ARCEP avait ainsi rappelé que le lancement d'un nouveau réseau de téléphonie mobile "représente une opération complexe qui peut nécessiter des réglages et des mises au point", qui sont "légitimes dès lors que les engagements de couverture de l'opérateur sont respectés et dans la mesure où le service aux consommateurs n'est pas altéré".
L'organisation a souligné à ce titre que les lancements de la 3G par Orange France, SFR et Bouygues Telecom sur la période 2001/2002 n'ont pas été exempts de problèmes et qu'elle avait à l'époque toléré les retards, "en raison des difficultés techniques et économiques invoquées par les opérateurs".
Le régulateur a ainsi expliqué que Free Mobile avait notamment pour obligation de couvrir par ses propres moyens 27% de la population au lancement de son service. L'ARCEP a "procédé à une vérification attentive" de la situation avec plus de 10.000 mesures sur le terrain menée en novembre et décembre 2011, et a délivré son sésame à Free Mobile.
L'Autorité, dans un souci de transparence, a cependant estimé utile de demander à la société Free Mobile d'actualiser les informations relatives à l'état de son réseau, incluant notamment une liste des sites installés, des sites effectivement activés, et des motifs qui auraient pu la conduire, le cas échéant, à l'extinction de certaines stations de son réseau. L'ARCEP examinera ces éléments avec la plus grande attention...
H.C. - ©2012 www.boursier.com

