(Boursier.com) -- Le spécialiste des fusions-acquisitions Yoel Zaoui quitte Goldman Sachs et part à la retraite... Un événement a priori strictement privé, mais qui prend du relief lorsque l'on sait que ce Français de 51 ans est l'un des principaux responsables de la branche fusions-acquisitions de Goldman Sachs et qu'il s'agit du 3ème départ important dans ce métier depuis le début de l'année, sur fond de mise en cause des pratiques douteuses de la banque d'affaires...
Signe que ce nouveau départ n'est pas neutre, le PDG de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein, a tenu à l'annoncer en personne... Dans une note aux employés de la banque, le dirigeant a souligné hier le "rôle primordial" joué par M. Zaoui, en 24 ans de carrière chez Goldman, dans la mise en place et le développement de la banque d'affaires américaine en Europe, où il a notamment piloté le rachat d'Arcelor par Mittal.
Yoel Zaoui, qui avait été promu il y a à peine un an comme co-dirigeant de l'ensemble de la branche "M&A" de Goldman Sachs, ne sera pas remplacé, la responsabilité de ce métier étant désormais confiée à l'autre co-directeur Gene Sykes.
Le rythme des défections semble ainsi s'accélérer chez Goldman Sachs, dont la réputation ne cesse de se ternir depuis la crise financière de 2007. A la mi-mars, un autre banquier du groupe avait démissionné de manière fracassante, en publiant dans le 'New York Times' une tribune accusant ses collègues de mépriser leurs clients, qualifiés de "muppets". "Je peux honnêtement dire que l'environnement est actuellement aussi toxique et destructeur que je ne l'ai jamais vu", dénonçait aussi Greg Smith dans les colonnes du quotidien.
Depuis 2008, plusieurs affaires ont mis en lumière des pratiques douteuses ou illicites vis-à-vis des clients de la banque, qui avait notamment continué de vendre des créances "subprimes" alors que la bulle immobilière américaine était déjà en train d'éclater en 2007. Goldman Sachs a accepté en 2010 de payer une amende record de 550 Millions de Dollars pour ne plus être poursuivi dans cette affaire...
Plus récemment, le groupe a une nouvelle fois été mis en cause pour ses pratiques, à l'occasion du rachat du groupe énergétique américain El Paso par son concurrent Kinder Morgan. La justice américaine estime que cette opération pose un problème de conflit d'intérêt, car Goldman Sachs détenait 19% du capital et avait deux administrateurs chez Kinder Morgan au moment de la fusion, tout en comptant El Paso parmi ses clients de longue date...
Dans ce contexte, fin mars, Lloyd Blankfein, de plus en plus contesté au sein de l'actionnariat et du conseil d'administration de la banque, est parvenu de justesse à conserver son poste de PDG. Il devra toutefois désormais composer avec un administrateur indépendant "référent", chargé de surveiller ses décisions... Ce "lead director" aura notamment la responsabilité d'évaluer chaque année le PDG et servira d'"agent de liaison" entre les administrateurs indépendants et la direction de la banque.
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