(Boursier.com) -- Dans un communiqué de presse pour le moins virulent, le Professeur Jean-Charles Fruchart, ancien Président et fondateur de Genfit, indique avoir remporté une bataille juridique contre Genfit en mars dernier. Le dossier "est maintenant réglé en faveur de la communauté scientifique qui cherchait à prévenir les allégations trompeuses et améliorer les activités de développement autour d'un nouveau composé prometteur GFT505", écrit le Professeur Fruchart. Il fait référence à un jugement de la Cour d'Appel de Lille, datant du mois de mars dernier.
Le conflit entre le dirigeant et la société qu'il a fondée, a éclaté à la mi 2008, avec son départ de Genfit. Peu d'éléments avaient alors filtré sur les véritables raisons du divorce. Plusieurs procédures avaient été engagées. Toutes alors gagnées par la société dirigée par Monsieur Mouney.
A l'origine du jugement dont il est question dans le communiqué, la publication par Genfit des résultats de la phase II de son produit le plus avancé GFT505 dans deux communiqués de presse les 23 et 26 Novembre 2009. "Ces communiqués étaient trompeurs pour les actionnaires et le marché financier", dénonce le fondateur de la société, toujours actionnaire. "Faux !" rétorque Laurent Lannoo, Secrétaire général de Genfit, qui conteste formellement avoir perdu une bataille juridique : selon la société cotée sur Alternext, la Cour d'Appel a simplement confirmé le jugement premier du Tribunal, qui se disait incompétent à juger des dénigrements éventuels du Professeur Fruchart. Il avait été saisi en procédure d'urgence, "pour faire cesser ses agissements le plus vite possible. Et s'il s'est déclaré incompétent, c'est que les publications de Monsieur Fruchart n'étaient déjà plus sur les sites Internet où elles avaient été mises en ligne !", réplique t-on chez Genfit.
Pour Jean-Charles Fruchart, c'est justement Genfit qui aurait directement réussi à obtenir le retrait de la déclaration affichée par le groupe d'experts. "La base de leur argument était que la déclaration pourrait potentiellement causer des dommages à la société, ses actionnaires et donc le marché financier", explique-t-il. Monsieur Fruchart va plus loin et évoque, dans son communiqué, des "menaces juridiques" de la part du Président du Directoire de Genfit, à l'encontre de certains experts scientifiques. Une accusation "complètement fallacieuse", dénonce t-on chez Genfit, qui se serait simplement permis de contester la méthodologie jugée "inadaptée" du Professeur auprès des scientifiques.
Du côté de Monsieur Fruchart, on attaque aussi sur le fond et on avance que la tromperie consisterait à présenter des résultats comme "extrêmement prometteurs" et le "GFT505 premier médicament d'une nouvelle classe thérapeutique", alors que les concurrents génériques existeraient et seraient actuellement plus efficaces chez les mêmes patients, selon le Professeur Fruchart. C'est pour "corriger cette information", qu'il avait alors réuni ce groupe de scientifiques ayant publié ce communiqué aux Etats-Unis.
"La molécule rentre en phase IIb, déjà bien loin de la préclinique ! Si des génériques étaient aussi efficaces, la société aurait-elle pu lever les sommes annoncées cet été ?", se demande-t-on chez Genfit, qui ajoute : "Les très nombreux experts qui nous soutiennent et nous encouragent vont être très heureux d'apprendre de la bouche de M. Fruchart qu'ils sont aveugles et incompétents !"
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