(Boursier.com) -- Facebook, le réseau social leader, a donc publié hier soir en ligne, auprès de la SEC, son très attendu dossier d'introduction en bourse à Wall Street. Facebook prévoit une levée de fonds minimale de 5 Mds$, qui pourrait atteindre 10 Mds$ si la demande est au rendez-vous. Le Groupe devrait être valorisé entre 75 et 100 Mds$ dès son entrée en bourse, qui pourrait intervenir courant mai, selon des analystes financiers.
Le fondateur Mark Zuckerberg, prodige de 27 ans, garderait un contrôle tout particulier sur son "bébé", avec 28% d'intérêt économique et pratiquement 57% des droits de vote de Facebook. Autrement dit, la seule participation du dirigeant pourrait être valorisée jusqu'à 28 Mds$ lors de l'introduction. Côté salaire, Zuckerberg semble par contre suivre l'exemple de Steve Jobs, puisqu'il a accepté de réduire sa rémunération à 1$ (!) dès 2013, contre 1,5 M$ en 2011.
Le réseau revendique 845 millions d'utilisateurs actifs mensuels (+39% sur un an), une vraie force si Facebook parvient à monétiser cet incroyable atout. 483 millions d'utilisateurs se connecteraient même quotidiennement... Le revenu par utilisateur n'est cependant, pour l'heure, que de 4,4$. En comparaison, Google génèrerait 30$ par "user", d'après un spécialiste.
Le prospectus de l'introduction en bourse évoque des revenus 2011 de 3,71 Mds$ pour un bénéfice net voisin de 1 Md$. L'année précédente, les ventes étaient de 2 Mds$ pour 606 M$ de profits. Facebook a terminé l'exercice 2011 avec une position de cash et securities de 3,9 Mds$.
Morgan Stanley, Goldman Sachs et JP Morgan seront à la manoeuvre pour cette "IPO", avec Bank of America Merrill Lynch, Barclays et Allen & Co.
Les analystes sont très partagés concernant la valorisation de l'affaire. Certes, les multiples pourraient à première vue rappeler ceux de la bulle Internet du début des années 2000. Mais Facebook a révolutionné les réseaux sociaux, affiche une très forte rentabilité et une croissance particulièrement conséquente. Ainsi, les revenus sont passés de 777 M$ en 2009 à 3,7 Mds$ l'an dernier ! Le bénéfice a flambé de 229 M$ en 2009 jusqu'à 1 Md$ l'an passé.
L'exemple de Google est souvent cité. Introduit sur des multiples qui paraissaient alors très élevés, Google a su encore surprendre par sa croissance et sa génération de cash. Quoi qu'il en soit, les investisseurs devraient encore se bousculer sur cette introduction de Facebook, considérée comme l'un des événements majeurs de l'année à Wall Street. Le Groupe dispose par ailleurs de possibilités géographiques d'expansion supplémentaire, par exemple au Brésil, en Inde, au Japon ou en Allemagne, de même qu'en Russie. Le marché chinois sera évidemment plus difficile à conquérir et dépendra du bon vouloir ou des objections de la censure locale.
En dehors des 28,4% de Zuckerberg qui feront de lui très officiellement un multi-milliardaire heureux dans quelques mois, l'IPO sera également très profitable pour d'autres actionnaires plus inattendus. Dustin Moskovitz, le co-fondateur, figure encore à 7,6% des parts. DST Global dispose de 5,4% du capital, alors que l'administrateur du Groupe Peter Thiel, pointe à 2,5%.
Enfin, Elevation Partners (et des entités liées), la firme de private equity co-fondée par le chanteur de U2, Bono, figure aussi au sein de l'actionnariat de Facebook. Elevation a acquis, avec ses véhicules, 1% du capital de Facebook pour 90 M$ en 2009. Une part qui pourrait valoir 1 Milliard de dollars à l'introduction.
J.N. - ©2012 www.boursier.com

