(Boursier.com) -- Alors que le polémique autour de la double rétribution d'Henri Proglio à la tête d'EDF et en tant que Président non exécutif de Veolia Environnement peine à s'éteindre, le Président Sarkozy a confirmé hier soir à Laurence Ferrari, lors du JT de 20H sur TF1, que ce cumul était provisoire...
Alors que jusqu'à présent, 'officiellement' Henri Proglio avait pris "seul" la décision de renoncer à ses émoluments chez Veolia Environnement, Nicolas Sarkozy a indiqué avoir évoqué le sujet avec le dirigeant. "Après que nous en ayons parlé, M. Proglio ne prendra pas un centime de chez Veolia. Il se contentera -et c'est bien suffisant- de son salaire comme Président d'EDF. On en a parlé, et j'ai pensé que c'était raisonnable" a déclaré le Président.
Tandis que certaines voix s'élèvent désormais pour dénoncer les conflits d'intérêts de ce cumul de casquettes, Henri Proglio a bénéficié d'un soutien très appuyé du chef de l'Etat. Pour succéder à Pierre Gadonneix, il s'agissait de "trouver le meilleur Président possible pour la deuxième entreprise de France par la capitalisation et par l'importance : 160.000 salariés. Il fallait trouver un industriel ; il fallait trouver un homme d'expérience ; je le devais aux salariés d'EDF. Notre choix s'est porté sur Henri Proglio, qui est un des meilleurs chefs d'entreprise français, qui a appartenu pendant 39 ans à Veolia dont il a fait un des grands groupes mondiaux". Le Chef de l'Etat ajoute : "Je regrette que personne ne parle la qualité professionnelle exceptionnelle d'Henri Proglio".
Nicolas Sarkozy rappelle que ce choix a été effectué en toute transparence, et que l'homme fait l'unanimité... "Toutes tendances confondues le Parlement a dit : c'est vraiment le bon choix". N. Sarkozy rappelle : "Les organisations syndicales d'EDF ont dit : c'est le choix qu'il faut", puis d'ajouter : "S'agissant d'une entreprise publique, il fallait que le choix qui soit fait, soit le choix d'un bon manager" !
Nicolas Sarkozy a ensuite rappelé qu'Henri Proglio souhaitait assurer la transition chez Veolia et admet : avoir "accepté, que pour quelques mois, il puisse faire la transition chez Veolia". Preuve à l'appui, le chef de l'Etat rappelle alors que les organisations syndicales de Veolia Environnement soutiennent cette décision de leur ex-patron, Henri Proglio. "Pendant quelques mois, il sera Président non exécutif et Veolia, et lorsque la transition sera faite, il se consacrera à 100% à ses fonctions à d'EDF".
Réfutant tout conflit d'intérêt entre les deux postes, N. Sarkozy rappelle : "M. Proglio était Administrateur d'EDF depuis cinq ans et Président du Comité stratégique d'EDF en même temps que Président de Veolia. Y a-t-il eu la moindre remarque depuis dessus ?"
Revenant ensuite les émoluments attribués à Henri Proglio, Nicolas Sarkozy rappelle : "M. Proglio en tant que Président de Veolia gagnait 2 Millions d'Euros. En tant le Président d'EDF, il aura 1 ME de fixe et 600.000 Euros de prime. C'est très important par rapport à quelqu'un qui est au SMIC. C'est le 23e salaire de France, pour la 2e entreprise de France ! Mais que voulez-vous que je fasse ? Que je nomme quelqu'un qui n'ait pas les qualités de M. Proglio, simplement pour dire qu'il a le salaire moyen ? Est-ce que le salaire de M. Gadonneix faisait polémique auparavant ? Il gagnait de 1,3 à 1,4 ME/an. M. Proglio perd par rapport à ce qu'il gagnait comme Président de Veolia !"
Le Président Sarkozy a conclu : "Ce qui m'étonne, c'est le grand sens des responsabilités des forces syndicales, qui pensent à l'emploi et à l'avenir de l'entreprise, par rapport à des formations politiques qui ne pensent qu'à une seule chose : la polémique ! Mon choix avec le Gouvernement, c'est le choix du meilleur pour EDF"
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