(Boursier.com) -- Paris et Berlin cherchent à s'accorder sur le projet de fusion entre EADS et BAE Systems... Ce rapprochement géant dans l'aéronautique et de la défense sera ainsi au menu, samedi, du sommet franco-allemand consacré officiellement à la crise de l'Euro. Depuis la révélation, le 12 septembre dernier, de négociations entre EADS et le groupe britannique de défense, les gouvernements ont réagi avec beaucoup de prudence, à Paris comme à Berlin, se bornant à indiquer que l'opération serait étudiée de très près...
Désormais, François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel souhaitent aboutir à une position commune et identifier les intérêts sur lesquels ils peuvent converger, à l'occasion de leur rencontre prévue à Ludwigsburg en Allemagne.
Les feux verts de Paris et Berlin (mais aussi de Londres, Madrid et Washington), sont des conditions indispensables pour réaliser ce rapprochement qui créerait un nouveau no1 mondial de l'aéronautique et de la défense, devant l'américain Boeing. Ce dernier s'est d'ailleurs inquiété publiquement hier des conséquences sur l'industrie et la sécurité nationale des Etats-Unis, et a demandé aux régulateurs d'examiner de près ce "dossier grave"...
Dans le nouvel ensemble, les actionnaires français et allemands, publics et privés, qui possèdent actuellement chacun 22,5% des titres d'EADS, auraient leur participation diluée et leur influence réduite dans la gestion du groupe. Les trois gouvernements, français, allemand et britanniques, se verraient cependant attribuer une action préférentielle leur accordant un droit de veto si leurs intérêts nationaux étaient menacés (atteintes à la sûreté nucléaire pour Londres et Paris, montée au capital d'un autre actionnaire...)
Jusqu'à présent, les réactions de Paris et Berlin à ce projet ont donc été assez tièdes, les deux pays se montrant réticents à abandonner leurs prérogatives actuelles. Hier, le ministre français des Affaires européennes, Bernard Cazeneuve, a même estimé qu'il restait "énormément d'obstacles techniques à lever" avant de compléter cette opération...
De son côté, le président d'EADS, Thomas Enders, s'est montré hier plutôt optimiste... Dans un courriel adressé aux 133.000 salariés du groupe, il a ainsi estimé que le projet de fusion "est en bonne voie" et a ajouté qu'il serait "bientôt en mesure de communiquer plus de détails au marché et aux employés (...) Nous menons également des discussions avancées et constructives avec tous les gouvernements concernés, a-t-il précisé, et dans le cadre de l'accord envisagé, nous essayons de répondre du mieux possible à leurs interrogations et de tenir compte de leurs intérêts en termes de sécurité nationale". Le dirigeant a néanmoins concédé qu'il restait "du travail à faire pour convaincre les actionnaires et les investisseurs"...
Rappelons qu'EADS et BAE Systems ont jusqu'au 10 octobre, selon le droit boursier britannique, pour annoncer leur intention de mettre en oeuvre ou abandonner leur projet de fusion.
V.A. - ©2012, 2013 www.boursier.com




