(Boursier.com) -- Beiersdorf sera-t-il jamais vendu ? C'est la question que se pose le bureau d'études Bernstein, en rappelant que la rumeur est apparue pour la première fois en 2003, lorsque le principal actionnaire, Allianz, avait approché Procter & Gamble en vue de céder sa participation. La levée de boucliers politique et sociale fût telle que le géant américain avait renoncé à pousser plus avant sa démarche. Le fait que la famille Herz contrôle désormais 51% du capital via le holding Maxingvest ne semble pourtant pas décourager la spéculation sur le titre. Mais qu'est-ce qui rend le dossier intéressant ? Pour le bureau d'études, c'est la qualité de ses marques (Nivea, Labello et Hansaplast, pour les plus connues en France), un levier de croissance lié aux segments sur lesquels il est présent ou des opportunités de croissance mondiale sous-exploitées. Il existe cependant une controverse sur l'opportunité d'une acquisition, d'abord parce que Procter & Gamble s'est déjà cassé les dents, et ensuite parce que le prix à payer pourrait représenter une grosse prime sur le cours actuel, que l'analyste juge déjà excessif.
Après "pourquoi", il faut encore déterminer "qui". Bernstein a examiné la situation des 10 principaux acteurs mondiaux du secteur de la beauté et des soins personnels, soit Procter & Gamble, Unilever, L'Oréal, Henkel, Colgate, Johnson & Johnson, Estée Lauder, Avon, Shiseido et Kao. Du point de vue de l'intérêt stratégique, Avon et J&J semblent avoir d'autres chats à fouetter actuellement. En ce qui concerne les capacités financières, Estée Lauder, Avon, Shiseido et Kao auraient bien du mal à boucler le financement, tandis que l'opération serait également compliquée pour Henkel et Colgate. Restent P&G, Unilever, L'Oréal et J&J. Mais ces quatre acteurs devraient avoir quelques soucis avec l'antitrust, plus sévères sans doute pour L'Oréal et Unilever que pour P&G et J&J. Henkel aurait aussi des problèmes de ce côté-là, selon le courtier. Quant à la sensibilité politique du dossier, l'allemand Henkel semble plutôt à l'abri, tandis que les acteurs non-américains seraient davantage embêtés, mais moins que les prétendants américains.
En conclusion, et dans l'hypothèse où la famille Herz serait vendeuse, P&G, Unilever et L'Oréal apparaissent comme les candidats les plus probables, avec sans doute Henkel en outsider. Pour autant, Bernstein ne pense pas que l'actionnaire est prêt à vendre, pour diverses raisons, et recommande aux investisseurs de considérer d'autres dossiers dans un secteur qui croît de 5 à 6% par an en moyenne. Il est acheteur d'Henkel, Unilever, P&G et J&J, neutre sur Estée Lauder, Avon et Colgate et à "sousperformance" sur L'Oréal et Beiersdorf.
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