(Boursier.com) -- Après quatre séances de hausse, Wall Street subissait des prises de bénéfices ce mercredi, les chiffres mitigés de l'emploi, avec en particulier le dernier rapport mensuel de la firme ADP, mais également l'étude de Challenger, incitant encore davantage les opérateurs à prendre une partie de leurs récents gains. Les investisseurs, en l'absence de publications majeures sur le front des sociétés, ont également pris connaissance d'un indice ISM des services américains inférieur aux attentes et qui ne rassure guère. Le DJIA perd finalement 0,74% à 8.675 pts et le Nasdaq abandonne 0,59% à 1.826 pts.
L'ADP National Employment Report dévoilé ce mercredi a fait ressortir encore 532.000 destructions d'emplois aux Etats-Unis en mai 2009, dans le secteur privé et non-agricole, en comparaison d'avril et sur une base ajustée des variations saisonnières. En outre, les destructions de postes d'avril ont été revues en nette hausse, à 545.000 contre 491.000 auparavant estimé. Les pertes mensuelles d'emplois en avril et mai sont donc en moyenne de 539.000, ce qui représente selon ADP "une amélioration notable" en comparaison des trois premiers mois de l'année où cette moyenne atteignait 691.000. Néanmoins, malgré "de récentes indications d'une stabilisation de l'activité économique", l'emploi devrait encore décliner pendant au moins plusieurs mois supplémentaires, juge ADP. En mai, les destructions de postes ont été au nombre de 265.000 dans les services et de 267.000 dans la production de biens, d'après l'étude.
Selon la dernière étude de la firme Challenger Gray & Christmas sur le sujet, les licenciements programmés par les grandes entreprises américaines (et les gouvernements locaux) durant le mois de mai ont affiché une baisse de 16% en séquentiel, par rapport à avril. En mai, ces plans représentaient un cumul de 111,2 milliers de postes selon l'étude, soit un plus bas depuis septembre 2008. Toutefois, en comparaison de mai 2008, les licenciements programmés ont augmenté encore de +7,4%. A ce stade de l'année 2009, les suppressions d'emplois annoncées totalisent plus de 822 milliers de postes, soit plus du double du niveau observé sur la même période, l'an passé. Rappelons que le "pic" des destructions d'emplois était logé à 242 milliers en janvier 2009, d'après Challenger. En outre, le PDG de la firme John Challenger estime que le recul des destructions de postes observé en mai pourrait se révéler de courte durée, alors que le 4ème trimestre est traditionnellement le plus actif en matière de réductions d'effectifs. Le dirigeant redoute également que des licenciements ne soient annoncés ultérieurement par les Etats locaux. Challenger craint enfin de nouvelles suppressions de postes dans la distribution ou le secteur de la production automobile. Le secteur automobile a pourtant déjà supprimé 111,6 milliers de postes en 2009.
D'après l'Institute for Supply Management ce mercredi, l'indice ISM des services américains (dit NMI/PMI) a marginalement progressé de +0,3 point de pourcentage en mai 2009, à 44 contre 43,7 en avril. L'indicateur global demeure quoi qu'il en soit inférieur à la barre des 50, et indique donc une contraction de l'activité non-manufacturière aux Etats-Unis sur le mois passé. L'indice d'activité / production en mai a été de 42,4, contre 45,2 en avril. L'indicateur des commandes nouvelles a baissé à 44,4 en mai contre 47 en avril. L'indice de l'emploi a progressé par contre à 39, contre 37 le mois précédent. L'indice des prix a grimpé à 46,9 contre 40 auparavant. L'indice du backlog de commandes ressort à 40 en mai, contre 44 en avril.
Selon le Département américain au Commerce ce mercredi, les commandes à l'industrie US pour avril 2009 ont augmenté de 0,7%. Hors transport cette fois, les commandes se sont appréciées plus modestement de +0,1%. Les livraisons, quant à elles, ont reculé de 0,2% sur le mois d'avril. Le consensus de place était logé à +0,8% sur les commandes industrielles d'avril.
D'après le dernier rapport hebdomadaire dévoilé par le Département à l'Energie américain, les stocks commerciaux de brut, hors réserve stratégique, ont augmenté pour la semaine close au 29 mai, de 2,9 millions de barils à 366 millions de barils. Le consensus Bloomberg tablait sur une baisse de 1,5 million de barils. En revanche, les stocks d'essence ont eux baissé de 0,2 million de barils. Enfin, les stocks de produits distillés (gazole et fioul de chauffage) ont progressé de 1,6 million de barils.
Le président de la Réserve fédérale Ben Bernanke qui s'exprime ce mercredi devant le Congrès a affirmé que les statistiques du mois de mai montrent que la contraction de l'économie ralentit, mais que cette dernière peine à retrouver de la vigueur..."Un certain nombre de facteurs sont susceptibles de continuer à peser sur les dépenses de consommation, comme la faiblesse du marché du travail, la baisse des capitaux propres et de la valeur des logements que les ménages ont connu au cours des deux dernières années, ou encore les conditions de crédit serrées," a ainsi déclaré B.Bernanke. Bernanke a ajouté toujours s'attendre à ce que l'économie commence son redressement cette année, mais a averti que "la récupération ne sera que progressive". Par ailleurs "les entreprises seront probablement prudentes en termes d'embauche et le taux de chômage est susceptible d'augmenter encore pour un certain temps, même après la reprise de la croissance économique." Enfin, la Réserve fédérale s'attend à ce que la croissance de l'inflation cette année soit inférieure à ce qu'elle était en 2008.
Le Président de la Réserve fédérale américaine a également exhorté ce jour, le Congrès et l'administration Obama, à commencer à mettre en place une stratégie visant à lutter contre le déficit budgétaire record des États-Unis. Ne pas le faire pourrait saper la confiance des investisseurs et mettre en danger les perspectives économiques du pays à long terme, a ainsi déclaré B.Bernanke. "Même si nous prenons des mesures pour remédier à la récession et aux menaces qui pèsent sur la stabilité financière, maintenir la confiance des marchés financiers exige que nous, en tant que nation, commencions à planifier dès maintenant un programme pour le rétablissement de l'équilibre budgétaire", a affirmé Bernanke. Rappelons que la Maison Blanche estime que le déficit budgétaire atteindra cette année un montant sans précédent de 1.800 Mds de Dollars, soit plus de quatre fois celui de 2008 qui était déjà à un niveau record ! La récession a amputé les recettes fiscales reçues des ménages et des entreprises. Dans le même temps, le gouvernement a augmenté ses dépenses, payé des milliards de dollars pour renflouer les banques, aidé les chômeurs et d'autres personnes "blessés" par la récession, la plus longue du pays depuis la Seconde Guerre mondiale. Bernanke a déclaré que la force d'intervention du gouvernement pour lutter contre la pire crise financière depuis les années 1930 et permettre aux États-Unis de sortir de cette récession est "nécessaire et approprié", même si elle aggrave la situation budgétaire de la première économie mondiale.Le président de la FED a également reconnu que le Congrès et l'administration vont faire face à de formidables défis à court terme qui doivent permettre de stabiliser le système financier, de réduire les saisies de maisons et d'encourager les banques à prêter plus librement. Le succès de ces efforts sera crucial pour l'économie américaine... Le danger et la persistance de déficits budgétaires élevés, c'est qu'ils peuvent amener les investisseurs à perdre leur appétit pour la dette US, ce qui conduirait alors à une nouvelle hausse des taux d'intérêt...hausse qui pourrait décourager les dépenses et les investissements, maux de l'économie...
VALEURS DU JOUR
Hovnanian (-6,6%) a publié une perte nette réduite pour son second trimestre fiscal 2009, sur de moindres dépréciations et grâce aux efforts de réduction de la dette. La perte trimestrielle a été de 118,6 M$ et 1,50$ par titre, contre 340,7 M$ et 5,29$ un an avant. Les ventes ont chuté à 398 M$, contre 776 M$ l'an passé. Le PDG du promoteur, Ara Hovnanian, dit par ailleurs observer plus de stabilité des prix de l'immobilier depuis six semaines. Il demeure cependant prudent, alors que la nouvelle vague des saisies immobilières et l'expiration des crédits fiscaux du plan Obama pourraient de nouveau affecter la demande.
Aetna (-4,6%). L'assureur-santé américain a prévenu mardi soir d'un abaissement de ses estimations de bpa annuel pour l'exercice 2009 entre 3,55 et 3,70$, contre une fourchette antérieure qui allait de 3,85 à 3,95$. Le Groupe évoque des coûts commerciaux médicaux accrus et des revenus Medicare attendus plus faibles.
Prudential Financial (-2,8%) avait déjà expliqué, après une revue détaillée des implications potentielles, qu'elle n'allait pas participer au programme de rachats de capitaux du Trésor US dans le cadre du plan TARP (Troubled Asset Relief Program). Ainsi, le Groupe n'offrira pas de titres préférentiels au gouvernement américain pour redresser son bilan. Au contraire, Prudential Financial débute une offre publique en titres ordinaires pour lever environ 1,2 Md$. Les produits de cession seront utilisés pour des motifs d'ordre général et le remboursement de la dette. Prudential Financial a précisé ce mercredi avoir pricé son offre de plus de 32 millions de titres ordinaires à 39$ pièce. L'offre est assortie d'une option de 30 jours pour la cession de 4 millions de titres de plus. La finalisation est attendue le 8 juin.
Toll Brothers (-6,5%), spécialiste américain des logements dits "de luxe", est parvenu à réduire ses pertes sur le second trimestre fiscal 2009 malgré une chute de moitié de son activité. Sur le trimestre clos fin avril, le déficit net est ainsi ressorti à 83,2 M$ et 52 cents par titre, contre 93,7 M$ et 59 cents l'an dernier. Les revenus ont plongé à 398,3 M$, contre 818 M$, mais les dépréciations ont diminué en glissement annuel à 48 cents par titre, contre 1,06$. Hors éléments, la perte ajustée par action se monte à 3 cents, contre un bpa positif de 32 cents un an avant. En fin de trimestre, le backlog s'établit à 1.581 logements et affiche 48% de déclin en comparaison de l'an dernier (-55% en dollars).
VeriFone (+1,3%) a publié hier soir ses comptes du second trimestre 2009 clos fin avril. Le fournisseur de solutions de paiements électroniques sécurisés a affiché des ventes de 201,6 M$ en baisse de 14% en comparaison de l'an dernier. En Amérique du Nord, les ventes ont chuté de 17%. A l'international, l'activité a baissé de 11%. Le bénéfice opérationnel a été positif de 12,4 M$, contre une perte de 4,6 M$ l'an dernier. Le bénéfice net atteint 18,6 M$, contre 18 M$ de déficit l'an passé. Le bpa dilué se monte à 22 cents, contre 21 cents de perte un an avant. En non-GAAP, le bpa a été de 17 cents, contre 19 cents l'an dernier. Sur le 3ème trimestre 2009 clos fin juillet, VeriFone anticipe des ventes stables en séquentiel, autour de 202 M$. Le bénéfice net non-GAAP par action est projeté entre 15 et 18 cents. Sur l'exercice 2009, les ventes sont attendues entre 810 et 830 M$, sur un bpa non-GAAP de 65 à 70 cents.
Williams-Sonoma (-8,4%), détaillant spécialisé en produits culinaires, décoration, et fournitures d'intérieurs, annonce des trimestriels "meilleurs que prévu". Sur le 1er trimestre 2009 clos début mai, les ventes ont décliné cependant de 22% à 612 M$, contre 782 M$ l'an dernier. A magasins constants, les ventes ont reculé de 21%. Le bpa dilué GAAP est en pertes de 18 cents, contre 10 cents de profits un an avant. En non-GAAP, le bpa ajusté est dans le rouge à hauteur de 14 cents, contre +5 cents l'année précédente. La perte nette se monte à 18,7 M$, contre 10,4 M$ de profits l'an passé, sur la même période. Sur le second trimestre 2009, le Groupe anticipe des ventes de 650 à 675 M$, avant 650-690 M$ sur le T3 et 900-960 M$ pour le T4. Ainsi, les ventes annuelles ressortiraient entre 2,812 et 2,937 Mds$, en baisse de 13-16% (12-16% de recul à magasins comparables).
Joy Global (+1,9%) a dévoilé ce mercredi, pour son second trimestre 2009, un bénéfice net en vive croissance à 121 M$ et 1,17$ par titre, contre 72 M$ de profits et 66 cents de bpa l'an dernier, sur la même période. Les ventes trimestrielles se sont appréciées de 10% en glissement annuel, atteignant 924 M$ contre 843 M$ l'an passé. Le fournisseur d'équipements miniers pour l'extraction de charbons, minéraux et minerais anticipe en 2009 des ventes allant de 3,5 à 3,6 Mds$, sur un bpa de 3,80 à 4$.
Valero (-17,7%). Le Groupe de raffinage et distribution pétrolière de San Antonio, Texas, encaisse des dégradations à Wall Street après son avertissement sur les résultats. Valero Energy dit désormais anticiper une perte nette de 50 cents par titre sur son second trimestre, du fait des faibles conditions de marché et des reports de deux projets. Valero prévoit par ailleurs l'émission de 40 millions de titres, afin de financer ses plans d'investissements de 2,5 Mds$ pour 2009.
AIG(-5,8%). Le géant de l'assurance américain American International Group serait en train de négocier la vente de son siège social à New York et un bâtiment voisin selon une source proche du dossier. Si la transaction devrait être conclue d'ici la fin de l'été, on ne connait pas encore le montant de l'opération ni le nom de l'acheteur. Rappelons qu'AIG qui a reçu 182,5 Mds$ d'aides publiques est engagé dans un vaste programme de cessions d'actifs afin de rembourser les fonds reçus...
JB.A. - ©2009, 2012 www.boursier.com

