le 18/07/2008 à 12h36
(Boursier.com) -- Le colosse bancaire new-yorkais Citigroup a dévoilé ce vendredi, pour son second trimestre fiscal 2008, une perte nette totalisant finalement 2,5 Mds$, soit 54 cents par action. La perte des opérations continues a été de 2,2 Mds$ et 49 cents par titre, contre un consensus de 61 cents à Wall Street. Les résultats consolidés comprennent 7,2 Mds$ de dépréciations avant imposition sur les segments securities et banque. En outre, les coûts de crédit ont augmenté de 4,5 Mds$, principalement avec la banque de consommateurs en Amérique du Nord et les activités cartes.
Citi estime que les résultats se sont améliorés significativement en comparaison du 1er trimestre 2008, du fait de plus faibles dépréciations et d'une performance jugée bonne de la franchise principale. Les actifs totaux ont décliné de 99 Mds$ depuis le 1er trimestre 2008. Citi ajoute que les cessions d'activités non-stratégiques sont en bonne voie, avec les annonces des transactions CitiCapital, Diners Club International et CitiStreet.
La position de capital s'est améliorée alors que le ratio de capital Tier 1 a augmenté à 8,7% sur le second trimestre.
Les effectifs ont été réduits de 6.000 postes environ sur le trimestre, et d'environ 11.000 durant l'ensemble du 1er semestre 2008.
JN.L. - ©2008, 2012 www.boursier.com
Bon résumé
LES DEFAUTS POURRAIENT ENCORE AUGMENTER
En poste depuis décembre, Vikram Pandit a mis en oeuvre un plan de réaction à la crise financière qui privilégie le recentrage sur les activités les plus solides et la cession de 400 milliards de dollars d'actifs à risque ou peu performants.
La semaine dernière, le groupe a ainsi annoncé la vente de ses activités de banque de détail en Allemagne au Crédit mutuel français pour environ huit milliards de dollars.
Citigroup a cumulé 17,4 milliards de dollars de pertes sur les trois derniers trimestres et passé dans ses comptes pour plus de 58 milliards de dépréciations et de pertes sur crédits depuis la mi-2007.
"Pandit semble faire ce qu'il faut et il commence à engranger des résultats", estime Jonathan Monk, gérant senior d'Aerion Fund Management.
Le directeur général a notamment réduit le dividende versé aux actionnaires et levé plus de 40 milliards de dollars de capitaux ces derniers mois, ce qui a permis d'améliorer le ratio de solvabilité Tier 1, à environ 8,7% contre 7,12% fin 2007.
Vendredi, les résultats de Citi favorisaient la hausse des marchés boursiers européens et des futures de Wall Street, inversant une tendance mal orientée après ceux de Merrill Lynch. Parallèlement, le dollar progressait tandis que les Treasuries reculaient, faisant remonter le rendement à 10 ans au-dessus de 4%.
Les activités bancaires et d'intermédiation ont enregistré au deuxième trimestre des dépréciations d'actifs de 7,2 milliards de dollars, dont 3,5 milliards liés à l'exposition à des prêts "subprime" et 2,5 milliards aux rehausseurs de crédit.
Les charges liées au crédit ont par ailleurs augmenté de 4,5 milliards de dollars, une hausse liée principalement aux activités de banque de détail aux Etats-Unis et de cartes de crédit.
"Citi est exposé à toutes les composantes de l'économie", souligne Matt McCormick, analyste de Bahl & Gaynor Investment Counsel. "On peut s'attendre à une augmentation des défauts dans la banque de détail, notamment dans les cartes de crédit. On n'est pas dans un film où, soudain, on vous dit: 'Et ils vécurent heureux...'".
L'action Citigroup a perdu 39% de sa valeur depuis le début de l'année, sous-performant l'indice américain du secteur bancaire KBW , qui a reculé de 30% sur la même période./JT/MA