le 21/11/2008 à 11h26
(Boursier.com) -- Alors que la valeur Citigroup abandonnait plus de 26% hier soir sur le Nyse, sa pire performance historique, le management et le Conseil de la banque new-yorkaise étudieraient en interne la cession de tout ou partie de l'affaire, croient savoir le Financial Times et le Wall Street Journal. Par exemple, des désinvestissements pourraient porter sur Smith Barney ou l'unité cartes de crédit, estime le WSJ.
De son côté, Marc Faber, investisseur interrogé par CNBC, juge que "Citigroup pourrait voir son action flamber de 100% ou plonger dans le néant". "Nous sommes descendus de plus de 55$ à 4$ par action, vous pourriez facilement voir un rebond de 100% avant que le titre n'aille vers zéro", lance encore l'investisseur. "Le potentiel de rebond est 'très considérable'", ajoute encore Faber, qui juge plus généralement, en dehors de cet aspect purement spéculatif du cours de bourse, que les actions financières manquent de transparence à Wall Street, ce qui rend difficile la prévision du prix d'un titre tel que Citi. "Je ne pense pas que les titres des financières seront les leaders du prochain 'bull market' (marché haussier)... Le pouvoir de génération de profits des compagnies financières ne reviendra pas avant de nombreuses, nombreuses années". Il faut dire que Faber préfère investir dans l'or ou l'obligataire corporate. "Je suppose que toutes les compagnies du monde ne feront pas faillite", raille l'intéressé.
JN.L. - ©2008, 2012 www.boursier.com


NEW YORK, Nov 23 (Thomson Financial) - Les discussions autour d'un plan d'aide
au géant bancaire Citigroup s'intensifiaient dimanche soir, alors que ce
dernier, qui lutte pour traverser la crise financière en restant indépendant,
est balayé en Bourse par une crise de confiance sans précédent.
Les autorités fédérales et l'ex-numéro un bancaire mondial étaient proches d'un
accord dimanche soir, rapportait le quotidien Wall Street Journal en ligne,
citant des sources proches des discussions.
Un tel accord était espéré par le marché vendredi à New York, alors que
l'action Citigroup poursuit une descente aux enfers incontrôlable ces dernières
semaines, le marché doutant de la capacité du groupe à faire face seul à la
crise.
Dans son principe général, l'Etat fédéral endosserait les pertes de la banque à
partir d'un certain montant. Si ces pertes sont supérieures, l'Etat prendrait
une participation dans l'entreprise, selon le New York Times.
Ces pertes sont associées à l'exposition de Citigroup aux produits complexes
adossés à des créances à risques - notamment "subprime" -, dont le groupe peine
à se débarrasser. Citigroup s'est brûlé les ailes avec ces produits complexes.
Selon plusieurs analystes, le montant de ces placements, désormais invendables
sur le marché, est difficile à évaluer de par le fait qu'ils ne trouvent plus
preneurs.
Washington aiderait Citigroup à se délester de ces actifs "toxiques", en les
transférant à une structure créée ad hoc. Selon une source du le Wall Street
Journal, cette structure en absorberait pour 50 milliards de dollars.
Cette intervention viendrait s'ajouter à l'aide de 25 milliards de dollars à
Citigroup consentie par Washington dans le cadre du plan de soutien au système
financier, doté de 700 milliards.
Toutefois, le seuil des pertes de Citigroup au-delà duquel l'Etat deviendrait
actionnaire, ainsi que le type d'actions à lui distribuer, font encore débat,
selon le New York Times.
Une autre question en suspend est de savoir d'où proviendraient les
financements à ce plan Citigroup, entre le plan d'aide au secteur de 700
milliards, la Réserve fédérale (Fed) et le régulateur bancaire FDIC.
Une question d'autant plus importante que le secrétaire au Trésor Henry Paulson
a récemment annoncé qu'il ne toucherait plus au solde du plan de 700 milliards,
après en avoir déjà utilisé une première tranche pour renflouer plusieurs
banques - dont Citigroup -, afin de laisser des marges de manoeuvre à
l'administration du Président élu Barack Obama.
Le scénario d'une structure logeant les actifs toxiques de Citigroup ferait
également figure d'exception, alors que le Trésor a récemment annoncé qu'il
renonçait à racheter ces actifs aux banques. Cela signifierait que Washington se
résout à absorber ces actifs "sur une base ciblée", selon le Wall Street
Journal.
A ce titre, le plan Citigroup "pourrait servir de modèle pour d'autres
banques", selon des sources du New York Times.
La mobilisation de Washington au chevet de Citigroup, l'une des banques les
plus affectées par la crise financière, survient alors que son action a perdu
plus de 70% de sa valeur sur le seul mois de novembre, sous les 4 dollars.
Les propos récents de la direction de Citigroup sur la solidité financière, les
progrès dans le nettoyage des comptes et sur un nouveau plan social de 50.000
emplois n'ont pas convaincu le marché.
Vendredi, plusieurs observateurs ont appelé à une intervention d'urgence des
autorités, s'appuyant sur les précédents des derniers mois: mise sous tutelle,
nationalisation, pilotage du rachat d'une banque par un tiers.
Citigroup cumule plus de 20 milliards de dollars de pertes nettes sur les
quatre derniers trimestres consécutifs.
Le groupe a levé depuis l'an dernier plus de 50 milliards de dollars pour se
renflouer et réduit son portefeuille d'actifs toxiques de plus de 100 milliards
de dollars.