(Boursier.com) -- "La part de marché du groupe Casino à Paris n'excède pas 38,5%". C'est en ces termes que le distributeur répond aux conclusions de l'enquête menée par l'Autorité de la Concurrence à la demande de la ville de Paris, concluant que la part de marché du groupe et de ses différentes enseignes (Casino, Monoprix, Leader Price, Franprix, etc.) atteint 61,7% dans la capitale.
Casino fait référence à "3 études" (Kantar Worldpanel, Mapp et INSEE) qui montrent que sa part de marché locale ne dépasse pas 38,5%. La différence, conséquente, entre les deux visions procédant, selon le distributeur, du fait que le régulateur n'a pas intégré dans son calcul "les dépenses dans le commerce traditionnel, les commerces spécialisés, le e-commerce alimentaire, les marchés ouverts et les hypermarchés de périphérie". Pour le groupe, le marché parisien est "ouvert, sans barrière à l'entrée" et recèle des "opportunités d'implantation importantes". Il souligne de surcroît que l'Autorité, dans sa communication, a bien noté que les positions de Casino ont été bâties sur ses seuls mérites alors que la concurrence dédaignait la capitale intra-muros. "Le groupe Casino propose des prix compétitifs, notamment au travers de ses marques propres, et innove en permanence pour répondre aux besoins des consommateurs parisiens", martèle-t-il.
Dans une publication très attendue, l'Autorité de la Concurrence a annoncé ce matin que la part de marché de Casino dépassait 60% dans Paris, trois fois plus que son principal concurrent sur place, Carrefour, mais que la situation actuelle sera difficile à inverser. Casino exploite 375 points de ventes, notamment les enseignes Franprix et Leader Price, Casino Supermarché, Marché d'à coté, Petit Casino, Spar et Vival à Paris, et détient de surcroît les magasins Monoprix, conjointement avec le groupe Galeries Lafayette (53 Monoprix, 31 Monop' et 5 Daily Monop'sur Paris).
Face à cette situation, le régulateur procède à deux recommandations. D'abord, il "estime qu'il est nécessaire de poursuivre l'abaissement des barrières à l'installation de grandes surfaces alimentaires et de fluidifier le marché", et constate par ailleurs que ses moyens pour renforcer la concurrence sont limités, ce qu'elle regrette car "la position aujourd'hui détenue par cet opérateur sur le marché parisien de la grande distribution à dominante alimentaire constitue un obstacle à la concurrence qui pourrait s'y exercer".
De son côté, la ville de Paris retient que l'étude estime que les niveaux de marge pratiqués par Casino "rendraient possible une diminution des prix si la concurrence était plus intense" et regrette également l'absence d'outils pour améliorer rapidement la situation "sans évolution législative". En conséquence, elle "souhaite donc qu'une loi soit votée dès la prochaine législature pour renforcer les pouvoirs de l'Autorité de la Concurrence, et lui donner les moyens, à travers l'injonction structurelle, d'obliger l'acteur économique en situation de position dominante à céder une partie de ses actifs, et ainsi pouvoir réinsuffler un juste équilibre concurrentiel".
A.B. - ©2012, 2013 www.boursier.com




