(Boursier.com) -- La plus importante opération de rachat avec effet de levier (LBO) de l'histoire n'aura finalement pas lieu. Ainsi, une revue menée par le cabinet d'audit KPMG a démontré que le deal BCE, portant sur la reprise du Groupe télécom canadien, ne remplirait pas les conditions de solvabilité requises. Le montant de la dette impliquée par l'opération et les conditions exécrables de marchés ont donc fait capoter le LBO. Le deal devait être finalisé ce jour.
L'opérateur canadien BCE avait annoncé en juillet de l'an passé un accord définitif en vue de son acquisition par un groupement d'investisseurs mené par Teachers Private Capital, la branche d'investissement de private equity de l'Ontario Teachers Pension Plan, ainsi que Providence Equity Partners Inc. et Madison Dearborn Partners, LLC. La transaction, entièrement en cash, était alors valorisée à 51,7 Mds$C, soit 48,5 Mds$ (US), comprenant environ 16,9 Mds$C (15,9 Mds$ US) de dette, preferred equity et intérêts minoritaires. En septembre 2007, les actionnaires approuvaient l'accord sans se faire prier.
Selon les termes de la transaction, le groupement d'investisseurs devait racheter tous les titres BCE non-encore détenus par Teachers sur un cours de 42,75 dollars canadiens par action (40,13$ US). Le prix de rachat présentait une prime voisine de 40% sur le cours moyen de BCE au cours du 1er trimestre 2007, avant les premiers échos faisant état d'une possible transaction.
Les banques qui devaient financer l'opération ne doivent pas regretter ce jour l'abandon du projet. Citigroup était sans doute la plus exposée, avec Deutsche Bank, RBS et Toronto Dominion.
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