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Automobile : comment les constructeurs répondent aux menaces de Trump

Automobile : comment les constructeurs répondent aux menaces de Trump
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Le Salon automobile de Detroit s'est ouvert lundi dans des circonstances un peu particulières... D'un côté, l'industrie automobile américaine a de quoi se réjouir d'une nouvelle année record pour les ventes automobiles aux Etats-Unis, avec 17,55 millions de véhicules mis sur le marché en 2016.

Mais ce tableau rose a été quelque peu entaché par les récentes attaques de Donald Trump contre la production de voitures au Mexique à destination du marché américain. Dans des tweets rageurs, le président élu républicain a ainsi menacé successivement Ford, General Motors et Toyota d'imposer des lourdes taxes (il avait évoqué 35% pendant sa campagne) aux constructeurs qui produisent au Mexique des véhicules vendus ensuite sur le marché américain.

Les géants automobiles insistent sur l'importance de leur implantation aux Etats-Unis

Donald Trump s'est engagé pendant sa campagne à renégocier le traité commercial nord-américain Alena, qui lie les Etats-Unis, le Canada et le Mexique. Entré en vigueur en 1994, ce traité permet aux constructeurs automobiles, sous certaines conditions et sans droits de douane, d'exporter vers les Etats-Unis des marchandises produites au Mexique.

Face aux menaces de taxation, plusieurs constructeurs ont réagi en donnant des gages au nouveau président, sans pour autant revenir sur leur "business model", qui consiste à produire une partie de leurs modèles, à bas coûts, au Mexique. Soucieux de ne pas envenimer le débat, les groupes automobiles font preuve de bonne volonté, et insistent surtout sur l'importance de leurs investissements et de leurs effectifs aux Etats-Unis. Plusieurs d'entre eux se sont engagés à créer de nouveaux emplois dans le pays dans les prochaines années.

Ainsi, le japonais Toyota a annoncé lundi au Salon de Détroit qu'il allait investir 10 milliards de dollars aux Etats-Unis au cours des 5 prochaines années. Un montant équivalent à celui déjà investi au cours des cinq dernières années.

Jim Lentz, le directeur général de la filiale nord-américaine du constructeur automobile japonais, a précisé que ces investissements font partie intégrante de la stratégie du constructeur japonais aux Etats-Unis, où il exploite 10 usines dans 8 Etats.

Toyota, Fiat, Ford et Daimler annoncent des investissements et des créations d'emplois aux Etats-Unis

M. Lentz n'a en revanche pas répondu au "tweet" de Donald Trump qui lui reprochait ses projets, annoncés en 2015, de transfert de la production de Toyota Corolla du Canada vers le Mexique. Toyota emploie actuellement 40.000 personnes aux Etats-Unis, et a créé plus de 5.000 emplois dans le pays au cours des cinq dernières années, a précisé le dirigeant. Le groupe japonais exploite actuellement un seul site de production au Mexique, contre 10 aux Etats-Unis et 2 au Canada.

Pour le dirigeant, "tout le monde est d'accord avec les objectifs de Trump de stimuler l'industrie et l'emploi aux Etats-Unis". Cela étant, "nous devons gérer notre entreprise en tant qu'entreprise mondiale. Je dois m'assurer que nous sommes compétitifs", a poursuivi M. Lentz.

De son côté, Fiat Chrysler Automobiles (qui n'a pas été ciblé nommément par Donald Trump) a annoncé pendant le week-end un projet d'investir 1 Md$ pour moderniser deux usines situées dans le Midwest, aux Etats-Unis. L'un de ces sites produira à l'avenir des pickups utilitaires de type Ram actuellement fabriqués au Mexique, a précisé le groupe italo-américain...

Cet investissement se traduira par la création de plus de 2.000 emplois, a précisé FCA, qui dispose par ailleurs de trois sites au Mexique, à Toluca, Ramos Arizpre et Saltillo. Fiat Chrysler a souligné dans son communiqué que la firme a créé 25.000 emplois aux Etats-Unis depuis 2009.

Ce week-end également, le constructeur allemand Daimler a annoncé des projets d'investissement aux Etats-Unis. Son PDG, Dieter Zetsche, a parlé d'un investissement de 1,3 Md$ supplémentaire pour développer la production de SUV dans son usine de l'Alabama.

La semaine dernière, Ford avait lui aussi donné des gages à Donald Trump en annonçant que le groupe renonçait à un projet de construction d'une nouvelle usine au Mexique, un investissement estimé à 1,6 milliard de dollars... Le deuxième constructeur auto américain derrière GM va utiliser une partie de cette somme pour investir sur son site de Flat Rock, dans le Michigan, un Etat du Nord des Etats-Unis durement frappé par la désindustrialisation...

Le patron de Ford, Mark Field, a précisé que 700 M$ seront investis et 700 emplois créés à Flat Rock. Dans un entretien avec la chaîne 'CNN', M. Field a encore indiqué que la décision du groupe était un "vote de confiance" envers la politique pro-business promise par Donald Trump. Il a cependant démenti avoir passé un accord avec Trump, estimant que la décision du groupe était purement économique...

Carlos Ghosn, patron de Nissan, affirme que le groupe saura s'adapter

De son côté, le patron de Renault et de Nissan, Carlos Ghosn, a adopté une attitude pragmatique. "Nous sommes pragmatiques, nous nous adapterons à n'importe quelle situation, à la condition que ce soit la même règle pour tous", a-t-il indiqué il y a quelques jours.

Si Renault est peu présent outre-Atlantique, Nissan a investi lourdement au Mexique où il produit environ 800.000 voitures par an, bien d'avantage que les autres groupes japonais, dont Toyota. La moitié de la production mexicaine de Nissan est exportée aux Etats-Unis, où le groupe nippon possède aussi des sites de production.

Si de nombreux constructeurs se sont empressés d'apporter des gages de bonne volonté au prochain président américain, d'autres font pour l'instant la sourde oreille ou soulignent qu'ils ne modifieront pas leur stratégie industrielle sous la pression politique. C'est le cas du numéro un américain, General Motors, qui a fait savoir qu'il ne modifierait pas sa stratégie.

General Motors tient tête à Trump et ne compte pas modifier ses plans

La patronne de GM, Mary Barra a ainsi rappelé dimanche à Detroit que les décisions importantes dans l'industrie automobile sont prises de deux à quatre ans à l'avance, et a précisé que GM n'a pas l'intention de modifier ses plans de production en raison des critiques de Donald Trump.

Le président élu a menacé de taxer les Chevrolet Cruze produites au Mexique importées aux Etats-Unis, mais Mary Barra lui a répondu dimanche que GM importait seulement un petit nombre de modèles de Chevrolet Cruze du Mexique (les modèles à hayon) et qu'il fabriquait toutes ses berlines Cruze dans une usine de l'Ohio, aux Etats-Unis.

Selon la patronne de GM, la production du géant automobile américain a plus de ressemblance que de différence avec les désirs de Donald Trump... A noter que Mary Barra siège depuis début décembre dans un Comité consultatif créé par Donald Trump pour le conseiller sur l'économie et la création d'emplois...

De son côté, l'allemand Volkswagen, qui possède une usine au Mexique depuis 50 ans, ne prévoit non plus de déplacer vers les Etats-Unis ses emplois mexicains... Le groupe insiste toutefois sur ses projets d'investissements aux Etats-Unis. Hinrich Woebcken, directeur général de VW en Amérique du Nord a indiqué à l'agence 'Reuters' que le groupe allemand prévoit d'investir 7 Mds$ aux Etats-Unis de 2015 à 2019, notamment pour produire son nouveau modèle de SUV Atlas.

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