(Boursier.com) -- Dans une lettre adressée au quotidien 'Le Monde', en réaction à un article du quotidien, et dont elle a demandé la publication, Anne Lauvergeon continue de se défendre dans le dossier UraMin.
L'ancienne directrice d'Areva fait une longue liste d'événements de gouvernance ayant, à ses yeux, servis à valider l'acquisition de la société canadienne et à vérifier le bien fondé de cette opération : "deux réunions du directoire et au moins quatre comités exécutifs nucléaires ont été consacrés d'avril à juin 2007 à l'acquisition d'UraMin, les comités exécutifs nucléaires des 21 et 29 juin 2007. M. Ourcel était chaque fois participant", écrit Anne Lauvergeon, qui évoque aussi le "consensus" du directoire qui n'a donc pas eu besoin de recourir à un vote pour lancer l'acquisition.
Elle rappelle aussi la présence de Luc Oursel, le nouveau patron d'Areva, lors du conseil de surveillance du 30 mai 2007 qui a autorisé l'acquisition.
Concernant la contre-expertise, l'ancienne dirigeante explique que le directoire, sous sa présidence, n'a jamais dissimulé quelque document que ce soit "et en particulier une 'mystérieuse' contre-expertise technique". Elle ajoute que l'Agence de Participation de l'Etat (APE) a reçu et examiné l'ensemble des 'dues diligences' techniques, financières, juridiques et environnementales et qu'elle a tenu plusieurs réunions, sans sa présence, avec les experts de la Business Unit "Mines".
Enfin, concernant l'évaluation des ressources de la cible, Anne Lauvergeon indique que la Business Unit "Mines" du groupe avait retenu le chiffre de 60.000 tonnes comme base de valorisation et que les ressources de la société sont aujourd'hui de 63.000 tonnes.
Voilà donc de nouveaux développements sur le dossier... Il y a quelques jours, Sébastien de Montessus, le directeur de la branche Mines du groupe, était monté au créneau dans les colonnes du 'Figaro'. Le responsable, mis en cause nommément en début de semaine par l'ancienne patronne du groupe nucléaire public, avait démenti tout complot contre elle. Il a affirmé qu'il n'y avait "ni affaire politique ni complot contre Anne Lauvergeon". En revanche, pour le responsable, l'acquisition en 2007 du groupe minier UraMin est "pour le groupe Areva une opération ratée qui lui aura coûté 2 Milliards d'Euros et qui se double d'un échec industriel. Il paraît légitime que l'on cherche à y voir aussi clair que possible !
"L'affaire UraMin fait actuellement l'objet d'un nouvel audit au sein d'Areva, mené par trois membres indépendants du conseil de surveillance, ainsi que d'une enquête du ministère de l'Energie commanditée par Eric Besson.
Par ailleurs, Mme Lauvergeon et son mari, Olivier Fric, ont porté plainte contre "X" en décembre dernier pour espionnage présumé, après la révélation par 'Le Canard Enchaîné' de l'existence d'un rapport d'enquête, qui se basait notamment sur des écoutes illégale des conversations téléphoniques de M. Fric. L'enquête, qui portait sur le rôle du mari de Mme Lauvergeon dans le rachat d'UraMin, ne l'a pas mis en cause dans ses conclusions.
UraMin avait été acquise en 2007 pour 2,5 Milliards de Dollars américains (environ 1,87 Milliard d'Euros à l'époque), afin "d'accroître significativement sa production d'uranium à moyen terme". Les principaux projets étaient situés en Afrique du Sud, Namibie et République Centrafricaine. En décembre, Areva avait annoncé une provision de 1,46 MdE pour "perte de valeur des actifs incorporels et corporels immobilisés au titre des projets miniers issus d'UraMin en phase de développement ou non encore lancés" en Namibie, République centrafricaine et Afrique du Sud. Une provision de 426 ME avait déjà été constituée en 2010 sur ces champs miniers. Au final, la valeur résiduelle des actifs immobilisés au titre de ces projets ressort à 410 ME dans les comptes, et aucun minerai n'a encore été exploité.
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