(Boursier.com) -- La polémique se poursuit autour du rachat par Areva d'UraMin en 2007... Ce matin, Sébastien de Montessus, le directeur de la branche Mines du groupe, monte au créneau dans les colonnes du 'Figaro'. Le responsable, mis en cause nommément en début de semaine par l'ancienne patronne du groupe nucléaire public, a démenti tout complot contre elle. Il affirme ainsi qu'il n'y a "ni affaire politique ni complot contre Anne Lauvergeon".
En revanche, pour le responsable, l'acquisition en 2007 du groupe minier UraMin est "pour le groupe Areva une opération ratée qui lui aura coûté 2 Milliards d'Euros et qui se double d'un échec industriel. Il paraît légitime que l'on cherche à y voir aussi clair que possible !"
M. Montessus reconnaît qu'Areva a fait appel successivement à deux cabinets pour enquêter sur UraMin, la société Apic puis la suisse Alp Services, mais qu'à "aucun moment nous lui avons demandé d'enquêter sur la vie privée de personnes et encore d'avoir utilisé des procédés illégaux. Quand nous avons découvert, à la lecture de leur rapport le 26 septembre dernier, qu'Alp Services avait pu franchir la ligne rouge, nous avons immédiatement mis fin à notre relation avec eux sur ce sujet", a-t-il affirmé.
De son côté, Anne Lauvergeon a estimé, lundi lors d'une conférence de presse, avoir été victime d'un complot et de tentatives de déstabilisation émanant "du plus haut niveau de l'Etat". Elle a défendu le rachat d'UraMin pour 1,9 Milliard d'Euros, un prix contesté aujourd'hui, mais qui paraissait justifié à l'époque, avant la crise de 2008 et la catastrophe de Fukushima. Mme Lauvergeon a aussi cité M. Montessus comme l'un des commanditaires du rapport d'Alp Services sur elle et son mari, en estimant qu'il n'aurait pas osé agir "sans avoir de puissants alliés"...
Mme Lauvergeon et son mari, Olivier Fric, ont porté plainte contre "X" en décembre dernier pour espionnage présumé, après la révélation par 'Le Canard Enchaîné' de l'existence de ce rapport d'enquête, qui se basait notamment des écoutes illégale des conversations téléphoniques de M. Fric. L'enquête, qui portait sur le rôle du mari de Mme Lauvergeon dans le rachat d'UraMin, ne l'a pas mis en cause dans ses conclusions...
En attendant d'y voir plus clair, l'affaire UraMin fait actuellement l'objet d'un nouvel audit au sein d'Areva, mené par trois membres indépendants du conseil de surveillance, ainsi que d'une enquête du ministère de l'Energie commanditée par Eric Besson. En outre, la commission des Finances de l'Assemblée nationale doit elle aussi rendre un rapport sur le sujet.
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