(Boursier.com) -- Areva a peu goûté les fuites consécutives à l'audition de Luc Oursel hier devant deux députés, lors d'un entretien censé se dérouler à huis-clos. L'AFP, citant une "source proche du dossier", a affirmé que le nouveau président du groupe nucléaire a indiqué aux députés Marc Goua et Jérôme Cahuzac "qu'une contre-expertise menée préalablement au rachat de la société UraMin avait soulevé des risques sur la qualité de ses gisements, sans que l'Etat soit mis au courant". La version de l'étude technique transmise à l'Agence des Participations de l'Etat aurait ainsi été "allégée" de certains éléments de risques. La même source indique que Luc Oursel a indiqué que le directoire d'Areva n'avait pas voté le rachat d'UraMin, contrairement à ce qu'affirme l'ancienne présidente Anne Lauvergeon.
Dans un communiqué au ton sec diffusé à la mi-journée, Areva souligne que l'audition par la Commission des finances "se tenait à huis-clos" et qu'elle ne peut faire l'objet de commentaires, "par définition". "Nous respectons cette règle et les propos de ceux qui l'enfreignent n'engagent qu'eux-mêmes", ajoute le groupe, qui dément cependant les propos rapportés par l'AFP.
UraMin avait été acquise en 2007 pour 2,5 Milliards de Dollars américains (environ 1,87 Milliard d'Euros à l'époque), afin "d'accroître significativement sa production d'uranium à moyen terme". Les principaux projets étaient situés en Afrique du Sud, Namibie et République Centrafricaine. En décembre, Areva avait annoncé une provision de 1,46 MdE pour "perte de valeur des actifs incorporels et corporels immobilisés au titre des projets miniers issus d'UraMin en phase de développement ou non encore lancés" en Namibie, République centrafricaine et Afrique du Sud. Une provision de 426 ME avait déjà été constituée en 2010 sur ces champs miniers. Au final, la valeur résiduelle des actifs immobilisés au titre de ces projets ressort à 410 ME dans les comptes, et aucun minerai n'a encore été exploité.
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