(Boursier.com) -- Tim Cook, le chief executive officer d'Apple, s'exprime ce soir à l'occasion d'une conférence de Goldman Sachs sur les technologies et l'Internet.
Cook est interrogé pour débuter sur les relations d'Apple avec sa chaîne d'approvisionnement, après les récents rapports de presse évoquant les conditions de travail chez les sous-traitants et en particulier Foxconn, qui fabrique les iPhones et iPads en Chine. Cook explique qu'Apple prend au sérieux ce sujet et "fait attention à chaque travailleur". Le dirigeant rappelle d'ailleurs qu'il a passé du temps dans ces usines. "Nous pensons que chaque travailleur a le droit de travailler dans un environnement sûr".
Le CEO d'Apple pense que personne dans l'industrie ne fait plus que la firme à la pomme pour améliorer les conditions de travail. "Nous auditons constamment les sites. Nous signalons tout parce que nous pensons que la transparence est incroyablement importante sur ce sujet"... "Nous pensons que l'utilisation du travail des mineurs est répugnante. C'est extrêmement rare dans notre chaîne d'approvisionnement, mais notre première priorité est de l'éliminer entièrement". Cook assure d'ailleurs qu'Apple se séparerait immédiatement de tout sous-traitant qui procèderait de la sorte...
Cook ajoute qu'Apple produira sur une base mensuelle, sur son site Internet, les données collectées auprès des travailleurs de sa chaîne d'approvisionnement à l'international. Une telle pratique est jugée sans précédent dans l'industrie par le CEO.
Le dirigeant est également questionné sur la capacité d'Apple à poursuivre sa croissance, après les incroyables résultats du dernier trimestre. Cook admet que le niveau des 37 millions d'iPhones vendus est important : "ça représente 24% du marché des smartphones". Cook souligne cependant le potentiel intact du marché des smartphones, surtout sur les marchés émergents. Cook évoque le Brésil, après s'être concentré sur la Chine à ce stade. Le CEO constate que dans les émergents, les détaillants ont plus de pouvoir que les opérateurs. Pour lui, le plus important reste cependant le produit.
Cook disserte également sur l'effet de "halo" des produits iPods et Macs. Dans les émergents, c'est selon lui l'iPhone qui portera ce même effet pour les produits de la firme. "Il y a beaucoup d'autres opportunités là bas"...
Le dirigeant se réjouit par ailleurs des débuts de l'iPad, qui affiche une trajectoire hors normes. "J'en ai donné un à ma mère et elle savait comment l'utiliser, comme ça, juste en regardant la pub", plaisante Cook. Plus sérieusement, le leader d'Apple croit fermement que le marché de la tablette dépassera en ventes unitaires celui du PC. "C'est un trop profond changement des choses pour que ça ne soit pas le cas".
Cook ne s'inquiète absolument pas de l'éventuelle concurrence de l'iPad : "les gens à la fin de la journée veulent un grand produit". Pour Cook, les 170.000 "apps" offertes surclassent de très loin la petite centaine des tablettes rivales. "Le vrai catalyseur du marché des tablettes sera l'innovation"...
Interrogé à propos de la réticence historique d'Apple à racheter ses actions ou produire des dividendes, Cook rétorque que la firme a dépensé des milliards dans la supply chain, la distribution et les centres de données. "Mais c'est exact, nous en avons toujours beaucoup" (de cash), ajoute le dirigeant. "Je pense que les actionnaires ne veulent pas que nous agissions comme si nous étions riches. Ça peut sembler bizarre mais c'est la vérité". Cook explique toutefois ne pas être "religieux" à ce sujet.
Cook admet que la compagnie est en discussions actives avec le conseil d'administration à propos de la trésorerie (environ 100 milliards de dollars de cash et équivalents). Alors qu'Apple semble disposer désormais de bien plus de cash que nécessaire pour ses opérations quotidiennes, Cook demande "encore un peu de patience" sur cette question d'un éventuel retour aux actionnaires, afin de prendre la meilleure décision.
Questionné sur l'Apple TV, Cook ne s'éternise guère. Les discussions évoluent ensuite sur l'iCloud et Siri, des "innovations profondes"...
Interrogé enfin sur son apport, en tant que dirigeant, à Apple, Cook évoque la culture unique de la firme de Cupertino dans laquelle il croit "si profondément". Il rappelle les leçons de Steve Jobs, qui leur a appris a tourner autour de grands produits et à se concentrer sur quelques grandes choses. "Nous ne devrions aller sur des marchés que là où nous pouvons apporter des changements significatifs à la société, pas juste vendre beaucoup de produits"... Cook conclut en affirmant qu'Apple reste focalisé sur l'avenir.
Bill Shope, analyste de Goldman Sachs, menait cette discussion avec Tim Cook.
Apple clôturait ce soir sur un gain de 1,36% sur le Nasdaq à 509,46$, pour une capitalisation boursière de 475 Milliards, de loin la première au monde.
JN.L. - ©2012 www.boursier.com

