le 30/06/2010 à 21h11
(Boursier.com) -- Selon l'ancien directeur de la branche dérivés d'AIG, American International Group aurait réalisé des pertes sur dérivés de crédit moins importantes, si les opérations n'avaient pas été dénouées en 2008, lors du plan de sauvetage mis en place par le gouvernement américain. S'exprimant publiquement pour la première fois en plus de deux ans, Joseph Cassano, ancien directeur général d'AIG Financial Products Division de 2002 à début 2008, témoigne devant la Commission d'enquête américaine sur la crise financière au sujet de la vente de l'unité de credit-default swaps qui a assuré plus de 70 Mds$ de dettes adossées à des actifs hypothécaires américains.
Le "Wall Street Journal" explique que lorsque les valeurs mobilières liées à des prêts hypothécaires à risques ont plongé au cours de la crise, AIG a été tout près de l'effondrement après avoir rencontré de grosses difficultés à faire face aux exigences de garantie des banques américaines et européennes qui avaient acheté la protection. Pour prévenir une défaillance d'AIG, le gouvernement a du sauver l'assureur en septembre 2008 et a dépensé depuis plus de 130 Mds$ ! La Commission cherche ainsi à déterminer le rôle joué par les instruments dérivés lors de la crise financière en interrogeant les cadres actuels et anciens d'AIG et de Goldman Sachs Group.
Goldman a en effet été un des principaux bénéficiaires du renflouement d'AIG après la décision de la Federal Reserve de New York de rembourser les partenaires commerciaux d'AIG dans leur intégralité. Une mesure visant à annuler les CDS portant sur 62 Mds$ de titres hypothécaires, et à endiguer l'érosion de la trésorerie de l'assureur. Goldman a ainsi reçu 14 Mds$, tandis que AIG a essuyé des Mds$ de pertes lorsque les contrats ont été dénoués, note le WSJ. Les titres hypothécaires précédemment assurés par AIG, connus sous le nom d'obligations adossées à des créances (collateralized-debt obligations ou CDO), sont actuellement détenus par une société appelée Maiden Lane III, qui est financée en grande partie par la Fed de New York.
Dans ses remarques préparées, M. Cassano, explique : "Quand je regarde les performances de certains de ces CDO dans Maiden Lane III, je pense qu'il y aurait eu peu, voire aucune perte réalisée sur les contrats de CDS s'ils n'avaient pas été dénoués lors du plan de sauvetage". Son témoignage n'a néanmoins pas abordé ce qui serait arrivé si AIG n'avait pas pu trouver les liquidités pour répondre aux appels de garantie des banques et si l'assureur avait manqué à ses obligations financières, détaille le quotidien.
JB.A. - ©2010, 2012 www.boursier.com
"AIG est passé prêt de l'effondrement" quel "foutage de gueule", s'ils n'avaient pas reçu l'argent du contribuable ils seraient en faillite, et par la même occasion Goldman Sachs aussi