(Boursier.com) -- Guy Odri -Directeur général délégué du groupe volailler Doux- a exprimé la nécessité de répercuter la hausse du prix des céréales sur les prix de ventes au consommateur. Le volailler dénonce à la fois la spéculation sur le prix des céréales et la fin de non recevoir de 3 enseignes de la grande distribution représentant ensemble 50% des ventes des Grandes et Moyennes Surfaces.
Guy Odri tire la sonnette d'alarme : "La filière est en danger !" "Depuis mai 2010, nous subissons l'augmentation des prix des matières premières. Le prix de la volaille de 2009 est équivalent au prix de la volaille en 2003. Or, entre-temps, il y a eu 14,8% d'inflation en France. Le prix de la volaille n'a pas augmenté". Il poursuit : "Si nous voulons compenser véritablement l'augmentation du prix des céréales, sans que cela n'ait des conséquences sur l'emploi, la rémunération des éleveurs, et sur l'activité, il faudrait compter une augmentation de l'ordre de 15%", c'est-à-dire répercuter une augmentation de 1 Euro par mois pour une base de consommation moyenne de 25 kg.
Selon le DG de Doux, qui s'exprimait sur Europe 1, cette hausse du prix des matières premières est liée à un retour de la spéculation sur les matières premières agricoles. "Nous ne sommes pas en pénurie, mais un certain nombre de spéculateurs ont repris de l'activité. (...) Les prix du blé et du maïs s'envolent sans véritable raison. Seule la spéculation peut justifier cela aujourd'hui" indique-t-il.
Le groupe Doux souhaite donc que les prix de vente au consommateur répercutent cette hausse des matières premières. Seulement s'il semble indispensable de rétablir les grands équilibres, la situation semble bloquée. Trois grandes enseignes françaises de distribution font la sourde oreille, et refusent toute discussion.
Guy Odri fait valoir qu'il s'agirait là d'un juste retour d'ascenseur, puisqu'avec la baisse du prix des céréales en 2008 et 2009, le volailler avait concédé des rabais sur les prix à la grande distribution. "Nous avions accordé des diminutions de prix qui sont allées jusqu'à 8%. Il y avait un accord implicite avec la grande distribution : lorsque le prix de la céréale baisse, nous baissons le prix de vente de la volaille. Nous avons joué le jeu !" Or aujourd'hui, malgré le retournement de tendance sur les prix, la grande distribution rétorque "Non, pas d'augmentation". Face à des producteurs de plus en plus sous pression, le DG de Doux renvoie les distributeurs à leurs responsabilités : "Nous ne pouvons pas continuer dans cette situation-là, où au sacro-saint nom de la défense du consommateur, nous continuerions à rogner les marges des industriels, des éleveurs et de tous les vrais intervenants de la filière".
"Il est important que toute la filière soit équilibrée. Il est impensable d'avoir une filière déséquilibrée, avec l'un qui ferait énormément d'argent et l'autre qui n'en gagnerait pas" conclut Guy Odri: "Nous ne demandons pas d'augmenter nos marges. Nous demandons de répercuter la hausse du prix des céréales sur le prix de vente du poulet".
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