(Boursier.com) -- L'action Accor se tend légèrement ce soir et recule de 0,3% à 39,3 Euros. Bank of America Merrill Lynch a confirmé sa recommandation de 'Souspondérer', relevant à peine son objectif de cours de 32,5 à Euros à 33 Euros.
Dans une interview accordée à Boursier.com, Gilles Pélisson est revenu sur les fondements de la scission entre les pôles Hôtellerie et Services du groupe : "Les deux entreprises ont beaucoup grandi au cours des dernières années, et notamment les Services" a estimé le PDG d'Accor qui poursuit : "Nous pensons que les Services ont atteint une bonne taille. L'entreprise a doublé de taille au cours des dernières années. Nous avons fait beaucoup d'acquisitions et elle est maintenant présente dans 40 pays. Elle évolue dans un secteur de plus en plus différent de celui de l'hôtellerie, c'est-à-dire plutôt le monde des services financiers et de l'immatériel. Elle a une capacité à se développer en elle-même, alors qu'à l'intérieur du groupe Accor elle est un peu bridée".
Sur le plan financier, Accor Services est une véritable 'cash machine'. "Cette société génère un fonds de roulement négatif, puisque les clients la paient avant même qu'elle ne paie ses fournisseurs. A l'intérieur de notre groupe, nous utilisons historiquement son cash pour financer une partie du développement des hôtels, mais c'est un peu dommage car nous avons véritablement une pépite qui peut valoir beaucoup d'argent. Elle peut se développer encore plus vite, alors qu'aujourd'hui elle ne peut pas payer d'acquisitions avec des titres, car l'action Accor n'est pas valorisée dans le monde où elle évolue. A terme, cela veut dire se remettre en cause et c'est l'objet de la scission".
Autre motif de la séparation à l'amiable des deux pôles, consommer du cash n'est plus dans la problématique d'Accor : "Côté hôtel, nous avons un modèle économique qui, désormais, est beaucoup moins consommateur de cash" précise Gilles Pélisson. "Nous avons un fabuleux patrimoine, puisque nous sommes propriétaires de 800 hôtels. Nous avons des hôtels en location fixe avec des options d'achat. Tout cela fait que nous pouvons céder des murs d'hôtels sans trop de problèmes. Nous avons annoncé un programme de cession de 450 hôtels sur un horizon de 4 ans. Nous prenons notre temps et essaierons donc d'avoir les meilleures valorisations possibles. Tout cela représente 2 Milliards d'Euros".
Gilles Pélisson a conclu : "Les deux entreprises peuvent être rentables de manière tout à fait autonome. Comme elles n'ont rien à voir ensemble -pas d'équipes communes, ni de grandes synergies- c'est un peu dommage de ne pas proposer au marché et à des investisseurs spécifiques de pouvoir miser sur ces deux entreprises-là. C'est le sens de la démarche entreprise depuis quelques mois. Elle participe de l'idée d'être prêt pour une reprise que nous espérons en 2011-2012".
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