Boursier.com : Pourquoi le résultat opérationnel courant annuel de Lacroix ressort-il en baisse ?
Y.K. : Notre résultat opérationnel courant progresse à périmètre comparable ! En données brutes, il prend en compte la reprise de TES qui pèse à hauteur de 1,6 ME sur le ROC. Nous avons saisi cette opportunité de reprise d'activité de TES au mois de juin, et si elle n'a rien coûté à Lacroix, elle pèse sur son résultat.
Boursier.com : Quel était l'intérêt de ce rachat partiel pour Lacroix ?
Y.K. : Le carnet de commandes de l'entité était vide, nous le savions, mais nous avons intégré des compétences et un portefeuille de clientèle avec un potentiel important. C'est ce qui a motivé notre opération...
Boursier.com : Quel est votre horizon pour atteindre la rentabilité concernant TES ?
Y.K. : Sur l'exercice qui a débuté, la société pèsera encore sur les comptes de Lacroix, mais nous espérons atteindre l'équilibre à la fin de l'exercice.
Boursier.com : Le pôle "Signalisation" a vu sa rentabilité affectée l'an passé...
Y.K. : Plusieurs paramètres ont obéré son résultat... Clairement, les volumes ont été en retrait, notamment ceux liés aux Conseils Généraux. Ensuite, nous avons constaté une tension sur les prix. Mais, je pense que nous avons mangé notre pain noir. Plusieurs éléments militent pour une reprise : nous avons obtenu en 2011 des contrats significatifs nous assurant des volumes intéressants pour 2012.
Boursier.com : Pourquoi cette tension sur les prix ?
Y.K. : Un acteur comme SES, avant de déposer le bilan, a fortement baissé les prix pour tenter de s'en sortir... Et ceci dans un contexte de surcapacités. Le secteur est actuellement en cours de redimensionnement. Je pense que nous allons assister à une lente remontée des prix, avec un volume qui devrait être satisfaisant en 2012. Nous abordons le nouvel exercice avec confiance et sérénité pour le pôle "Signalisation".
Boursier.com : Qu'attendre en termes de rentabilité ?
Y.K. : Le résultat opérationnel courant de la "Signalisation" sera meilleur en 2012 qu'en 2011.
Boursier.com : Et en termes de chiffre d'affaires ?
Y.K. : De façon générale, le marché de la Signalisation ne progressera pas en 2012. Il y a eu un redimensionnement des acteurs, désormais moins nombreux, donc des parts de marchés se libèrent et nous pensons atteindre un chiffre d'affaires étal dans la Signalisation statique à périmètre constant et une progression en signalisation dynamique.
Boursier.com : Sur le fond, n'êtes-vous pas confrontés à des restrictions budgétaires de la part des donneurs d'ordre publics ?
Y.K. : Le marché de la signalisation ne pèse que 350 ME. Nous évoluons sur les marchés de l'information, de la sécurité et de la régulation de trafic. Ce ne sont pas les premiers budgets qui seront coupés!
Boursier.com : Comment s'explique alors la baisse enregistrée en 2011 ?
Y.K. : Il y a eu une incertitude qui a régné l'été dernier. Mais le début d'exercice 2012 (1er octobre, NDLR) est plutôt bon, même s'il faut rester prudent. Le marché des Conseils Généraux ne représente que le quart de notre pôle Signalisation.
Boursier.com : Concernant votre pôle "Électronique", vous affichez une croissance organique de 27%. Serez-vous en mesure de renouveler la performance en 2012 ?
Y.K. : Nous bénéficions de l'externalisation de la fonction Électronique. Elle devient de plus en plus complexe, avec des exigences de plus en plus pointues. Les industriels l'externalisent et nous comptons continuer à jouer un rôle majeur dans le domaine des petites et moyennes séries à valeur ajoutée. Nous nous sommes réorganisés industriellement et commercialement en ce sens ces dernières années. Et avons ajouté la capacité d'études à la fabrication. Nous avions un manque dans la conception, n'avions pas toutes les compétences en bureau d'étude. D'où la reprise de l'activité d'études de TES. Nous disposons désormais d'une centaine d'ingénieurs répartis sur l'ensemble du territoire.
Boursier.com : Quelles prévisions pour ce pôle en 2012 ?
Y.K. : Nous sommes prudents car le contexte est incertain. Nous sommes certes présents sur de nombreux secteurs économiques, ce qui permet une bonne répartition de l'exposition économique, mais il est difficile de faire des prévisions. Ceci dit, à ce jour, nous anticipons une poursuite de la croissance.
Boursier.com : Croissance à deux chiffres ?
Y.K. : Non.
Boursier.com : Quid de la Télégestion ?
Y.K. : Nous devrions parvenir à un chiffre d'affaires au moins équivalent à celui de 2012, avec un résultat aussi équivalent à celui de 2011, hors contrat de Ryad (1,2 ME, NDLR).
Boursier.com : En conclusion quelles prévisions pour 2012 ?
Y.K. : Les éléments dont nous disposons à ce jour, dans un climat très incertain, nous permettent de tabler sur une croissance du chiffre d'affaires et du résultat pour l'ensemble du groupe.
Propos recueillis par Arnaud Bivès - ©2012 www.boursier.com

