Boursier.com : Les comptes 2011 de Faurecia sont en ligne avec les attentes du Marché, avec un quatrième trimestre finalement assez robuste...
Y.D. : Notre activité a effectivement été solide jusqu'à la fin de l'année dernière et est restée relativement satisfaisante en Europe malgré toutes les difficultés sur cette zone, grâce à notre forte présence auprès des clients allemands. Nous réalisons désormais plus de 50% de nos ventes en Europe auprès des trois grands constructeurs allemands. 2011 a aussi été marquée par une accélération de la croissance en Amérique du Nord où notre progression au second semestre est de 35%.
Boursier.com : Quels sont vos objectifs 2012 désormais ?
Y.D. : Nous voulons continuer à faire croître notre activité, que nous attendons entre 16,3 et 16,7 MdsE en 2012. Nous nous attendons à un recul en Europe, mais à une poursuite de la croissance de l'ordre de 8% en Amérique du Nord et de 15% en Asie et en Amérique Latine. Notre rentabilité sera un peu touchée par le recul des volumes en Europe, mais la croissance la soutiendra dans d'autres régions et nous obtiendrons un résultat opérationnel qui devrait être à peu près stable par rapport à 2011.
Boursier.com : La fourchette de chiffre d'affaires que vous indiquez montre que, même dans l'hypothèse basse, vous tablez sur de la croissance en 2012...
Y.D. : Ce sera une année de croissance, oui. Mais plus faible que 2011 du fait de l'inévitable ralentissement en Europe.
Boursier.com : On observe que votre génération de cash-flow est finalement négative en 2011, alors que vous aviez annoncé qu'elle atteindrait 100 ME. Pourquoi ?
Y.D. : Elle est très légèrement négative : -26 ME, ce qui est peu au regard de nos données globales. C'est un effort supplémentaire pour soutenir notre croissance sur les régions clefs d'Amérique du Nord et d'Asie, qui explique ce chiffre. Nos investissements ont progressé de près de 50% en 2011, passant de 300 à 450 ME.
Boursier.com : Votre prudence concernant le marché automobile européen pour 2012 concerne t-elle tous les pays ? Tous les clients ?
Y.D. : Les marques " Premium , Audi, BMW, Mercedes représentent 40% de notre activité et nous pensons que ces marques seront moins touchées par le ralentissement en Europe, car elles exportent plus de 30% de leur production hors d'Europe et sont donc moins dépendantes. Nous pensons que le Nord de l'Europe se portera un peu mieux que le Sud.
Boursier.com : Quel recul attendez-vous en Europe ?
Y.D. : Nous pensons que le Marché automobile va reculer entre 4 et 6% par rapport à 2011.
Boursier.com : Le dividende ne progresse " que " de 40%, alors que le bénéfice progresse de 80%.
Y.D. : Nous investissons de manière importante pour la croissance future du groupe. Les arbitrages et nos efforts se portent en faveur de l'investissement en priorité. Ce qui n'a pas empêché une progression très significative du dividende, encore soumis au vote des actionnaires.
Propos recueillis par Arnaud Bivès - ©2012 www.boursier.com

