Boursier.com : Le Groupe Figaro qui détient déjà 88% du capital de la société, a lancé une offre sur le capital restant. Adenclassifieds va donc quitter la Bourse ?
T.G. : Au moment de l'introduction en Bourse il y a quatre ans, le groupe Figaro détenait 54%. Malgré la crise financière, il a continué à croire, au développement de la société et aujourd'hui, la logique consiste, pour lui, à atteindre au moins 95% et puis de procéder à un retrait de la cote.
Boursier.com : Pour quelles raisons ?
T.G. : Le flottant est aujourd'hui de moins de 10% et le retrait de la cote est tout à fait logique. Les minoritaires ont l'occasion de vendre, alors que le titre est très peu liquide. C'est d'ailleurs ce que vont faire deux actionnaires historiques minoritaires : Siccer et Portimmo, qui apportent leurs titres à l'offre.
Boursier.com : A 27 Euros, l'OPA offre t-elle une prime est-elle satisfaisante ?
T.G. : Ce n'est pas à moi de le dire, mais je constate que la prime est de +23% par rapport au dernier cours coté, avant l'annonce de l'opération. Et de +37% par rapport à la moyenne des cours des 12 derniers mois. Il me semble qu'elle ressort dans la norme de ce qui se pratique dans ce genre d'opérations...
Boursier.com : Elle reste cependant bien en deçà du cours d'introduction de 35 Euros, il y a quatre ans...
T.G. : Pourtant la société n'a pas démérité, puisque le chiffre d'affaires a été multiplié par deux et le résultat par cinq par rapport à l'exercice précédent notre entrée en bourse ! Mais les valorisations des sociétés Internet sont hélas sans commune mesure à celles pratiquées dans les années 2006/2007...
Boursier.com : Ce retrait des marchés financiers n'aura-t-il pas un impact sur le financement de vos besoins de développement à l'avenir ?
T.G. : L'ambition de la société reste intacte. La seule différence sera peut-être un recentrage sur le marché français, alors que lors de l'introduction en Bourse nous avions annoncé des acquisitions à l'international. Adenclassifieds restera une société autonome et nous avons beaucoup de synergies à développer avec le groupe Figaro : les sociétés Internet sont en train de vivre une deuxième vie grâce au mobile, aux tablettes et cela nécessite de nouveaux investissements. Nous croyons beaucoup à ces développements et au sein du groupe Figaro, nous serons plus forts pour les mener à bien.
Boursier.com : Vous avez publié vos comptes semestriels en septembre dernier. Y a-t-il enfin du mieux sur le pôle Emploi ?
T.G. : Les commandes vont mieux, avec des croissances de l'ordre de 15 à 20%, mais cela ne s'est pas encore traduit dans notre chiffre d'affaires et nos comptes. Cette reprise du marché de l'emploi est plus liée à la reprise du turn-over dans les entreprises qu'à un vrai redémarrage des créations d'emplois en France. La croissance est encore trop faible dans notre pays pour être génératrice d'emplois.
Boursier.com : Quels sont vos perspectives pour 2010 ?
T.G. : Nous devrions légèrement dépasser 60 ME de chiffre d'affaires en 2010, avec une marge d'EBITDA autour de 15%, soit une performance largement supérieure à celle de 2009. Au-delà, les perspectives de croissance restent intéressantes, notamment du fait des développements Internet hors des PC.
Propos recueillis par Arnaud Bivès - ©2010, 2012 www.boursier.com

