Boursier.com : D'où provient la chute de la rentabilité de Vision IT Group au premier semestre (NDLR, l'EBIT passe de 3,2 à 1 ME) ?
P.M. : Nous avons rencontré un problème de coûts et non de revenus, notre chiffre d'affaires ayant progressé lors de ces six premiers mois de 2011. Le problème provient essentiellement des Pays-Bas où nous sommes allés plus vite que la musique concernant le cloud. Nous avons beaucoup investi sur le lancement de notre offre, pensant que les clients suivraient rapidement. Il n'en a rien été. Nous avons encaissé une perte aux Pays-Bas, mais aujourd'hui, la situation est redressée, le malade est guéri et les projets redémarrent. Le point positif c'est que ces résultats nous permettent de réduire le prix d'acquisition de cette filiale néerlandaise, de 10 à 6 ME.
Boursier.com : Vous semblez avoir aussi rencontré des difficultés en Allemagne...
P.M. : Nous sommes parvenus à sortir du rouge la filiale que nous avons rachetée surplace, mais ne sommes pas parvenus à lui faire atteindre le niveau de rentabilité du groupe, pour des raisons internes au marché allemand : il y a une pénurie d'ingénieurs et nous avons dû avoir recours à de la sous-traitance pour répondre à la demande de nos clients. Or, nous perdons des points de marge en ayant recours à la sous-traitance...
Boursier.com : Maintenez-vous votre objectif de 120 ME de chiffre d'affaires annuel ?
P.M. : Nous devrions même le dépasser. Le troisième trimestre a été très bon, nous n'avons aucune indication nous faisant penser que le quatrième ne le sera pas aussi.
Boursier.com : Etes-vous inquiets quant à un ralentissement de la croissance ? Quid de votre exposition aux banques (NDLR, Vision IT Group réalise 30% de son chiffre d'affaires dans le secteur bancaire) ?
P.M. : Nous sommes vigilants sur nos recrutements et privilégions le qualitatif. Concernant les projets, nous ne constatons aucun ralentissement. Nos clients bancaires ont augmenté leur activité auprès de Visio IT Group au premier semestre. Nous sommes tout à fait confiants : nos solutions ne sont pas celles qui si d'éventuelles réductions de coûts devaient être décidées.
Boursier.com : Comptez-vous poursuivre la croissance externe ?
P.M. : Nous avons gelé les acquisitions, mais restons en veille. Certains dossiers aboutiront peut-être d'ici plusieurs mois, mais à ce jour, aucune discussion n'existe et nous ne souhaitons pas réaliser d'opérations.
Boursier.com : Votre titre reste peu échangé sur le marché...
P.M. : Nous sommes assez déçus. La liquidité s'était améliorée sur le titre en début d'année. Nous avions décidé de plus communiquer et avions mis en place un contrat de liquidité, mais la baisse des marchés a eu raison de cette tendance positive... Nous continuerons les efforts !
Propos recueillis par Arnaud Bivès - ©2011, 2012 www.boursier.com

