Boursier.com : Pouvez-vous préciser les détails de l'accord qui vient d'être signé ?
O.S.S. : Cet accord comprend 2 volets. Tout d'abord, SIPH monte à 100% du capital de la société CRC (Cavalla Rubber Corporation). Depuis avril 2008, nous détenions 60% de cette structure qui exploite des plantations d'hévéas au Libéria. CRC exploitait jusqu'à présent 8.000 hectares. Le second volet de l'accord porte sur une extension de la surface exploitée par CRC à 35.000 hectares. Les 27.000 hectares supplémentaires se répartissent entre 22.000 hectares de plantations industrielles et 5.000 hectares de plantations paysannes. La promotion de ce type de culture contribuera à l'amélioration de l'économie régionale. En parallèle, SIFCA, actionnaire majoritaire de SIPH, a obtenu une concession pour développer des plantations d'huile de palme sur une superficie de 15 200 ha dans les mêmes comtés, dont 6 200 ha destinés aux plantations paysannes. Des synergies opérationnelles importantes pourront être mises en place pour mutualiser les coûts.
Boursier.com : Quelles sont désormais vos grandes zones de culture ?
O.S.S. : Nous exploitons 22.000 hectares en Côte d'Ivoire. Au Ghana, la superficie porte sur 13.000 hectares et sur 12.000 hectares également au Nigéria. Le Liberia constituera donc progressivement le 4ème pilier d'implantation de SIPH en Afrique de l'Ouest.
Boursier.com : Quelle est la position de SIPH sur le marché mondial de l'hévéa ?
O.S.S. : Nous produisons environ 130.000 tonnes de caoutchouc naturel par an. La moitié de cette quantité provient de nos propres plantations. Le solde correspond à des achats effectués auprès de planteurs indépendants. Le marché mondial est de l'ordre de 11 Millions de tonnes, nous en détenons donc un peu plus de 1%. L'essentiel de la production mondiale de caoutchouc provient des plantations paysannes qui continuent à se développer. La part provenant des production industrielles demeure faible ( 15 % de la production mondiale). Dans les pays où nous sommes implantés nous participons activement au développement des cultures paysanne auxquelles nous fournissons le matériel végétal jusqu'à l'encadrement des plantings. Outre notre contribution à leur développement, cette culture paysanne représente à terme pour le Groupe un potentiel d'achat de caoutchouc.
Boursier.com : Comment se présente 2012 en termes financiers ?
O.S.S. : Au niveau mondial, la production de caoutchouc naturel devrait afficher une légère hausse sur 2012 en liaison avec la reprise des accroissement des plantations constatée depuis 2004. Sur la durée, la consommation a tendance à progresser, mais sur le court terme, l'évolution peut être volatile. La demande peut ainsi être affectée par l'ampleur d'une récession. L'évolution des cours est par conséquent très incertaine.
Propos recueillis par Christophe Voisin - ©2012 www.boursier.com

