Boursier.com : Pouvez-vous nous rappeler l’activité de Wavecom ?
M.A. : Nous fournissons le 'cœur technologique' des téléphones portables et également ce que nous appelons des solutions communicantes qui équipent des automobiles, des terminaux de paiement, des compteurs électriques...
Boursier.com : A moyen terme, que sera la répartition de vos ventes ?
M.A. : Sur le premier trimestre 2004, 53% de nos ventes proviennent d’Asie, 42 % d’Europe et 5% des Etats-Unis. Dans la téléphonie, nos clients sont essentiellement chinois ou coréens. Pour ce qui est des applications verticales (solutions communicantes), les ventes se font beaucoup en Europe, un peu aux USA et ça commence à démarrer en Asie. A terme, la zone Asie Pacifique devrait demeurer prépondérante avec la moitié de nos ventes, en effet, la fabrication et même la conception des téléphones s’y effectuent de plus en plus. Par activité, la téléphonie devrait représenter 50 à 60% de notre business et les applications verticales le solde.
Boursier.com : Pourquoi vos ventes dans le domaine de la téléphonie sont-elles historiquement concentrées quasi exclusivement en Asie ?
M.A. : Nous pensons que le modèle de la téléphonie va devenir équivalent à celui prévalant dans l’univers du PC. Des marques comme Dell ne fabriquent ni ne conçoivent leurs ordinateurs mais se concentrent sur le marketing et la distribution. Ce modèle s’appuie entièrement sur des producteurs en Asie. La stratégie de Wavecom dans la téléphonie consiste donc à aider les acteurs asiatiques à se développer sur leur marché intérieur puis à se tourner vers l’export en tant que fournisseurs de sociétés comme Nokia ou Motorola. Ce qui vient de se produire avec Alcatel, qui s’est associé dans la téléphonie avec le chinois TCl, est pour nous très important et très révélateur de ce phénomène alors que nous avons des liens privilégiés avec TCl.
Boursier.com : Mais comment expliquez-vous alors l’effondrement de vos ventes en Asie qui sont passées de 70 millions d’euro sur le premier trimestre 2003 à 20 millions sur les 3 premiers mois de 2004 ?
M.A. : Nous avons souffert de notre positionnement prix. Jusqu’à présent, nous proposions des modules constitués à partir de l’intégration de composants fabriqués par d’autres, nous apportons notre savoir-faire en matière d’intégration, de système et de logiciels afin d’en faire une solution complète. Dans un contexte de guerre des prix, nous produits sont devenus trop onéreux. Nous avons donc revu notre modèle et nous allons maintenant concevoir nos propres composants. A partir du second semestre, nous allons vendre au même prix que nos concurrents tout en apportant un support et un savoir-faire système que nos concurrents nous envient.
Boursier.com : Vous envisagez donc un redressement de vos ventes sur le marché chinois dans les mois qui viennent ?
M.A. : Nous sommes dans une période de transition avec des baisses de prix très significatives sur nos anciennes lignes de produits afin de maintenir nos positions auprès de nos clients, cela a eu des conséquences immédiates avec un net recul de notre marge. L’arrivée des nouvelles productions à partir du second semestre va nous permettre de nous repositionner avec un niveau de marge plus conforme à nos attentes.
Boursier.com : Quel va être le point mort de Wavecom après la restructuration en cours ?
M.A. : Avant même les effets du nouveau plan de restructuration, nous en sommes au 5ème trimestre consécutif de baisse de nos dépenses opérationnelles. Avec ce nouveau plan, nos effectifs vont passer de 820 à 600 personnes et nos dépenses opérationnelles vont à nouveau diminuer significativement pour s’établir à un plus de 20 Millions d’euro par trimestre. En rajoutant l’objectif de 30% de marge, cela vous donne une idée de notre point mort...
Boursier.com : A quel horizon comptez-vous redevenir profitable ?
M.A. : Ce que l’on peut dire aujourd’hui, c’est que le développement de nos nouveaux produits se déroule en ligne avec nos objectifs. Dans la mesure où le retour aux bénéfices est conditionné par le succès de ces produits, il est un peu tôt pour savoir si cela se produira fin 2004 ou en 2005. C’est en tout cas une de nos grandes priorités.
Boursier.com : 2004 sera une année déficitaire ?
M.A. : Très clairement, 2004 sera une année déficitaire avec des pertes qui seront principalement concentrées sur le second semestre.
Boursier.com : Comptez-vous passer ce cap difficile sans faire appel au marché ?
M.A. : Un appel au marché n’est pas à l’ordre du jour.
Boursier.com : Votre appréciation sur le cours de bourse de Wavecom ?
M.A. : A la fin 2003, nous avions dit que nous étions en phase de transition. La chute du cours suite à la publication des chiffres sur le premier trimestre, indique sans doute que le message n’a pas été complètement entendu.
Propos recueillis par ©2004, 2013 www.boursier.com

