»
»
»
Consultation
Cotation du 17/08/2017 à 11h56

O2i 0,00% 1,43€

  • ALODI - FR0010231860
  •   SRD
  • PEA
  • PEA-PME
  • + Ajouter à : Mes portefeuilles | Mes Listes
Jean-Thomas Olano, PDG fondateur de O2i

Jean-Thomas Olano PDG fondateur de O2i

L'offre de Prologue sous-valorise complétement O2i et fait courir un risque massif de dilution à nos actionnaires

Boursier.com : Prologue a fait part de son intention de déposer, d'ici fin octobre, un projet d'offre publique d'échange de 3 actions Prologue pour 2 actions O2i. Dans le communiqué de presse que vous avez publié en réaction à l'offre de Prologue, vous semblez rester prudent et demandiez alors à être convaincu... Est-ce le cas ?

J-T.O. : Ma position était fondée sur le fait qu'il ne me semblait pas raisonnable de me prononcer sur le projet de Prologue sans rencontrer au préalable ses dirigeants. Après deux réunions avec eux depuis leur annonce, le constat me semble aujourd'hui très clair. Sur le plan industriel, il n'y a aucune synergie entre nos activités et le management de Prologue a une connaissance manifestement très superficielle de nos métiers. Sur le plan actionnarial, leur offre sous valorise complétement O2i et leur offre en titres fait courir un risque massif de dilution à nos actionnaires.

Boursier.com : Aviez-vous rencontré les dirigeants de Prologue avant la révélation publique de leur offre ?

J-T.O. : Non. Je n'ai été mis au courant de leur projet que quelques heures seulement avant la publication du communiqué de presse de Prologue l'annonçant... Avant cela, je ne les avais jamais rencontrés et nos deux sociétés n'avaient jamais travaillé ensemble. Elles n'avaient d'ailleurs aucune raison de le faire tant elles sont disjointes.

Boursier.com : Prologue évoque la constitution d'un groupe de 70 ME qui aurait une logique avec des domaines complémentaires, notamment entre les outils de développement et la formation...

J-T.O. : Il ne vous a pas échappé que dans ces 70 ME, O2i pèse pour 50 ME alors que Prologue ne représente que 20 ME. L'offre que prétend constituer Prologue n'a par ailleurs aucune cohérence technologique et industrielle. O2i est le no2 de la formation informatique en France et un éditeur de logiciels alors que Prologue a essentiellement des activités de SSII en Espagne avec des visées sur le Brésil et des velléités de développement dans le cloud.

Boursier.com : C'est le PDG d'O2i qui parle, mais qu'en dit le premier actionnaire que vous êtes et qu'une offre ne doit pas laisser insensible... ?

J-T.O. : En tant qu'actionnaire d'O2i, je ne vois pas l'intérêt que j'aurais à échanger, à la moitié de leur valeur, des titres O2i contre des titres Prologue dont le modèle industriel n'est encore qu'un projet. Je trouverais paradoxal de quitter d'O2i, au moment où je commence à recueillir les fruits de 5 années d'investissements dans un repositionnement stratégique dans la formation professionnelle et les logiciels, avec plus de 15 acquisitions réussies à la clef. Ça me paraîtrait encore plus paradoxal de le faire pour le projet de Prologue qui réalise 20% de son chiffre d'affaires en France avec des technologies dépassées comme le scan ou le fax, affiche une ambition sur le marché très concurrentiel sur le du Cloud sans y réaliser pour le moment de chiffre d'affaires et dont les performances reposent principalement sur une activité de SSII en Espagne et un début d'activité au Brésil. Or on sait à quel point il est difficile pour une petite société de s'implanter loin de ses bases, sans parler du risque de change posé par le real. En tant qu'actionnaire, apporter ses actions O2i pour du papier Prologue ne me semble pas un investissement judicieux !

Boursier.com : Prologue devrait sortir, par anticipation, de son plan de continuation, ce qui rend la société moins risquée...

J-T.O. : Ça aurait été le cas si Prologue finançait cette sortie grâce à un redressement de son activité. Cela nous aurait rassurés sur leur capacité à financer notre développement futur. Mais ce n'est pas le cas. Ils n'envisagent de sortir du plan que grâce à une politique d'émission intensive de BSA à maturité longue, dont l'exercice s'est fait au prix d'une dilution potentiellement considérable de leurs actionnaires. C'est justement ce qui fait risquer une dilution potentielle de plus de 50% aux actionnaires d'O2i qui apporteraient leurs titres à l'OPE. Ils doivent être conscients du risque dilutif très important qu'ils encourent...

Boursier.com : Selon vous, pourquoi la société Prologue a-t-elle jeté son dévolu sur O2i ?

J-T.O. : Pour moi, c'est sans ambiguïté en raison de notre potentiel. Ils cherchent à faire une bonne affaire en profitant de notre sous valorisation actuelle. Nous avons profondément transformé O2i en 5 ans pour en faire un leader de la formation informatique en France et développer une suite logicielle très prometteuse. Ça a été un gros travail et le marché n'a pas encore pris acte de cette transformation. Avouez que ça serait paradoxal que ce soient les actionnaires de Prologue qui profitent des efforts réalisés depuis 5 ans par les actionnaires d'O2i.

Boursier.com : Le prix proposé par Prologue, semble être une pierre d'achoppement pour vous...

J-T.O. : Pas seulement le prix, la forme également. Quelle est la pertinence et l'intérêt pour les actionnaires d'O2i d'une offre valorisant leurs actions à 27% de notre chiffre d'affaires et payée en titres, alors que Prologue, qui n'est pas encore sortie d'un plan de continuation, est valorisée 2 fois son chiffre d'affaires (une valorisation d'éditeur de logiciels performants) sans annoncer aucune perspective chiffrée ?

Boursier.com : Votre " non " est-il ferme et définitif ?

J-T.O. : Aux conditions actuelles le " non " est ferme et définitif, et je suis convaincu de défendre l'intérêt de mes actionnaires en adoptant cette position. Si Prologue proposait une valorisation sensiblement supérieure, en cash, avec un vrai projet et les moyens de poursuivre le développement d'O2i, en lui permettant de conserver son autonomie, mon devoir serait de la considérer, mais dans la mouture actuelle, avec une structure d'offre sans partie " cash ", le " non " est ferme et définitif.

©2014-2017,

Jean-Thomas Olano, PDG fondateur de O2i

Partenaires de Boursier.com