Boursier.com : Vous affichez une progression de 40% de votre chiffre d'affaires à neuf mois. Vous visez pourtant seulement 20% sur l'ensemble de l'année. N'est-ce pas une prévision trop prudente ?
J-P.G. : L'effet de base joue et explique cette hausse à neuf mois, étant donné le fort recul de chiffre d'affaires subi l'an passé. Je pense que nous devrions afficher une croissance d'au moins +20% sur l'ensemble de 2010, ce qui effectivement peut paraître faible étant donné le +40% affiché après neuf mois, mais cet effet de base ne jouera plus en notre faveur lors du quatrième trimestre et la croissance sera moins élevée.
Boursier.com : Quels sont vos objectifs de rentabilité pour l'exercice qui se termine ?
J-P.G. : L'an passé, nous avions atteint l'équilibre d'exploitation, cette année, nous annonçons que nous serons à l'équilibre au niveau de l'exploitation, mais en plus au niveau du résultat net. Concernant 2011, il est encore trop tôt pour annoncer des prévisions.
Boursier.com : Vous dépendez des grands programmes publics qui sont rognés en raison des tensions sur les déficits budgétaires...
J-P.G. : Nous avons subi, ces deux dernières années, des reports et annulations d'importants appels d'offre publics. Pas un seul grand contrat public depuis deux ans ! Alors que sur la période précédente, nous avions remporté neuf des dix plus grands projets de numérisation de masse.
Boursier.com : Avez-vous chiffré le manque à gagner à ce niveau ?
J-P.G. : Cela représente un manque à gagner de 1 à 2 Millions d'Euros de chiffre d'affaires par an sur ces grands projets. Mais la volonté reste forte de la part des acteurs publics. Ce sont leurs budgets qui ne suivent pas actuellement. Les grands programmes de numérisation se feront un jour ou l'autre. C'est inéluctable.
Boursier.com : l'Euro fort est potentiellement aussi un souci pour vous...
J-P.G. : Nous achetons en Dollars, donc nous sommes favorisés, mais nous vendons en Euro et effectivement, avec un niveau de 1,40/1,45$, nos distributeurs souffrent...
Boursier.com : Autre difficulté pour I2S : l'approvisionnement en composants. Est-ce toujours le cas?
J-P.G. : Nous rencontrons effectivement des difficultés d'approvisionnement en composants électroniques. Les secteurs de la téléphonie mobile et des produits technologiques de masse ont provoqué une saturation de la commande de composants avec le rebond de la demande. Et nous, avec des volumes faibles, en subissons les conséquences. Nous avons toutefois sur-stocké pour nous protéger entre juin et septembre et je pense que nous sommes couverts et que nous pouvons voir venir...
Boursier.com : Vous avez lancé le projet " Polinum ", pour numériser et valoriser les contenus, quel est votre objectif ?
J-P.G. : Le projet Polinum est un rassemblement d'une dizaine d'entreprises et universités. Nous en sommes à l'origine, impulsons la dynamique et déterminons la vision stratégique. En l'occurrence, nous nous opposons aux modèles faussement gratuits, comme ceux proposés par Google. Nous préférons valoriser les patrimoines et mettre en place de nouveaux modèles économiques " full media ", avec un outil puissant, un moteur de recherche sémantique.
Boursier.com : Quelle est la traduction commerciale ?
J-P.G. : Divvalib ! Le produit qui construit la bibliothèque numérique de troisième génération. Le logiciel propose une interface de recherche unifiée à travers 5 modes de recherche, ce qui est une innovation majeure.
Boursier.com : Quels sont les marchés que vous pensez adresser avec ce produit ?
J-P.G. : Les Bibliothèques, les Archives, d'autres administrations à l'échelle internationale. Puis ensuite certains grands groupes industriels qui ont un important patrimoine d'information et qui souhaitent gérer leur accès. Nous espérons atteindre 5% de notre chiffre d'affaires 2011 avec ce pôle, et d'ici la fin d'année 2010, nous pensons déjà être en mesure d'annoncer une demi douzaine de clients.
Propos recueillis par Arnaud Bivès - ©2010, 2012 www.boursier.com

