Boursier.com : Pouvez-vous nous rappeler quelle est l'activité de Bioquanta, cotée en bourse depuis un an ?
J-M.M. : La société détient une expertise fondamentale sur deux secteurs : la biologie et la modélisation moléculaire. Nous sommes très engagés dans la médecine personnalisée. A cette fin, nos deux plateformes de services permettent de concevoir, élaborer, sélectionner et valider des molécules plus sûres, plus efficaces, ce qui induit une réduction des risques et des coûts de développement Nous nous adressons aux marchés du diagnostic et de la recherche (sociétés de biotechnologie, laboratoires pharmaceutiques) mais également à l'industrie (toxicité de produits cosmétiques ou agroalimentaires, marquage anti-contrefaçon).
Boursier.com : Quelle est la taille des marchés sur lesquels vous intervenez ?
J-M.M. : En ce qui concerne la sous-traitance pharmaceutique, qui comprend toutes les étapes précédant les essais pré-cliniques, il s'agit d'un marché de 8 Milliards de dollars (estimation 2010). C'est un marché en pleine croissance car l'industrie pharmaceutique sous-traite de plus en plus auprès d'experts plutôt que de mener ses opérations en interne...
Boursier.com : Quelle est la valeur ajoutée apportée à ces laboratoires ?
J-M.M. : Notre valeur ajoutée réside dans notre positionnement très en amont dans la chaîne de développement du médicament. Notre première plateforme s'appuie sur des modèles informatisés (in-silico). La seconde (in-vitro) utilise des tests très pointus, similaires à ce qui se fait dans le diagnostic. Toutes deux assurent une haute valeur prédictive des résultats que nous fournissons, nettement supérieure à ce qui existe par ailleurs, plaçant BioQuanta au plus haut niveau mondial sur ses technologies. L'intérêt pour nos clients réside dans l'identification fiable en quelques jours de défauts de leurs molécules, qui sont actuellement détectés après avoir investi des années et des sommes considérables dans leur développement.
Boursier.com : Vous avez levé 2,4 ME en deux opérations depuis votre introduction en bourse. A quoi va servir cette manne et est-ce suffisant pour financer votre plan de développement ?
J-M.M. : Une première tranche de 800.000 euros nous a permis d'une part, d'accélérer le développement de nos projets et, d'autre part, de mettre en place la Direction de "business developpement" pour commercialiser nos solutions, tant dans le domaine du diagnostic que du service. A ce jour, nous avons déjà deux brevets déposés et quatre autres devraient l'être dans les mois à venir. Les fonds complémentaires nous permettrons de poursuivre notre développement.
Boursier.com : Concernant la commercialisation de vos produits, quel est votre état d'avancement ?
J-M.M. : Du côté des Services, nos plateformes sont déjà opérationnelles. Pour un certain nombre d'industriels, et notamment dans le domaine de la cosmétique, nous avons déjà réalisé les phases de tests et nous sommes en phase de commandes fermes. Sur le marché "Reach" (cadre réglementaire européen de gestion des substances chimiques), nous sommes en phase de test pour un certain nombre de chimistes et en phase de préparation pour d'autres. En ce qui concerne les kits de diagnostic, nous ne sommes pas encore présents sur le marché, nous avons pour le moment un seul test breveté et nous sommes en discussion avec des partenaires français et internationaux pour envisager un lancement sur leur marché assez rapidement. Les autres interviendront à partir de 2011-2012.
Boursier.com : Le décollage de votre chiffre d'affaires est donc attendu pour quel exercice ?
J-M.M. : D'ici deux ans ! Nous prévoyons cependant une accélération en 2011 en ce qui concerne la partie Services et nous espérons également parvenir à générer quelques revenus sur les deux solutions brevetées. D'ici 4 ans, nous espérons un chiffre d'affaires d'environ 15 Millions d'Euros pour les Services et de 28 Millions pour les revenus de brevets, soit 43 ME au total.
Boursier.com : Qui sont vos concurrents sur ces marchés ?
J-M.M. : Pour le diagnostic, il s'agit d'un marché un peu particulier, car nous pouvons aussi bien être partenaires que concurrents... Nous ne prétendons pas mettre en place une force commerciale comme Roche, Abbott ou Biomerieux. Nous souhaitons plutôt licencier nos brevets à ces laboratoires. Pour la partie Services in-vitro, nos concurrents sont les entreprises procédant à des tests spécialisés pré-clinique. Nous avons des concurrents en Europe et aux Etats-Unis, mais comme nous sommes sur des marchés de niches, nous pouvons une fois encore devenir partenaires... En matière de tests in-silico, nous n'avons pas vraiment de concurrents dans la mesure où nous vendons un service, alors que nos concurrents vendent des logiciels...
Propos recueillis par Arnaud Bivès - ©2010, 2012 www.boursier.com

