Boursier.com : Etes-vous satisfait de l'exercice 2010 ?
G.B. : Oui, étant donné que le contexte a été très difficile pour les assureurs (taux d'intérêt très faibles, mesures fiscales sur l'assurance, incidence de la réforme des retraites). Nos résultats progressent, notamment du côté des encours... Les marges à travers la création de valeur des affaires nouvelles, véritable thermomètre de notre activité, sont en croissance. Ainsi, l'activité nouvelle a été plus rentable.
Boursier.com : Les taux d'intérêt sont désormais en train de remonter. Quels sont les impacts pour un acteur comme CNP Assurances ?
G.B. : La remontée des taux n'étant pas brutale, elle ne pose aucun problème, au contraire ! Elle va permettre, au travers des placements que nous réalisons, d'obtenir une meilleure rentabilité de nos portefeuilles, et le cas échéant de la répercuter sur la part redistribuée aux assurés.
Boursier.com : Les modifications fiscales sur l'assurance vie ont-elles eu un impact sur les personnes intéressées par ce placement ?
G.B. : Elles ont eu un impact pour les contrats de santé, mais nous ne sommes pas acteurs de ce type de contrats ! Le prélèvement, désormais annuel, des taxes sur les contrats d'assurance vie est extrêmement modeste du point de vue de l'impact. En revanche, la taxe sur la réserve de capitalisation a des répercussions sur les compagnies... Ces répercussions sont claires en comptes sociaux (165 millions d'euros pour CNP), mais elles sont neutralisées en comptes IFRS. Paradoxalement, comme nous avons provisionné des impôts différés sur la constitution de cette réserve, cela conduit à une reprise de plusieurs centaines de millions d'euros, montant que nous avons recyclé dans les matelas de protection de la compagnie et non pas comptabilisé dans le résultat.
Boursier.com : Les règles prudentielles se renforcent dans le secteur financier. Serez-vous dans l'obligation de faire appel à vos actionnaires pour renforcer vos fonds propres ?
G.B. : Non, car notre marge de 'solvabilité 1' sans les plus- values latentes, est de 111%, donc supérieure aux 100% réglementaires, et de 173% avec les plus-values.
Boursier.com : Etes-vous optimistes pour l'exercice 2011 ?
G.B. : Deux incertitudes planent sur 2011 : L'assurance vie sera-t-elle concernée par les modifications de l'imposition sur le patrimoine ? L'autre incertitude résulte du risque de concurrence entre produits bancaires et produits d'assurances, du fait de la pression exercée sur le monde bancaire par les ratios de liquidité de Bâle III. Cela pourrait conduire les banques à mettre des produits d'épargne de bilan sur le marché...
Propos recueillis par Christophe Voisin - ©2011, 2012 www.boursier.com

