Boursier.com : Après ce retour aux bénéfices au premier semestre (200 KE, NDLR), peut-on imaginer un bénéfice annuel conséquent, puisque vous bénéficierez des ventes de Noël lors de ce deuxième semestre ?
G.P. : Nous confirmons que nous pensons dépasser le bénéfice de l'an passé. Le bénéfice net de 0,2 ME du premier semestre, contre une perte de 2,4 ME l'an passé, nous conforte dans cette prévision.
Boursier.com : La Galerie prend toujours plus d'importance dans votre activité. Peut-on dire que c'est le moteur de la croissance de la société ?
G.P. : C'est le moteur de la croissance de la société : elle a enregistré plus de 50% de progression sur le premier semestre, alors que le "High Tech", coeur de métier historique, restait stable sur la période. Elle est aussi le moteur de la rentabilité : les charges et coûts fixes étant moins importants que sur la vente en direct. Mais n'oublions tout de même pas que l'activité "High Tech" finance toujours les investissements de l'entreprise.
Boursier.com : Le Noël 2011 sera-t-il celui des tablettes tactiles?
G.P. : Je le pense, il devrait se vendre un peu plus de 1 million de tablettes cette année, contre 400.000 l'an passé. Cela sera renforcé par l'ouverture du marché avec de nouveaux acteurs, et de nombreuses marques contrairement à l'an passé... Concernant les autres produits "High Tech", on devrait constater moins d'engouement pour les appareils photos par exemple, la Thaïlande et le Japon ayant ralenti leur production, il n'y aura pas de lancement de nouveaux appareils photos avant Noël.
Boursier.com : Craignez-vous une consommation en retrait lors de cette période ?
G.P. : Non. C'est un peu à contre courant de ce qu'on peut entendre. Mais on constate toujours un report d'achats du commerce traditionnel vers le commerce Internet. Plusieurs études montrent que ce phénomène va se poursuivre. On a pu voir, aux États-Unis, lors des journées d'achat de Thanksgiving, des croissances de plus de 25% des achats sur Internet.
Boursier.com : Rue du Commerce va faire l'objet d'une OPA de la part D'Altarea Cogedim. Il s'agit d'une opération amicale. Pourquoi l'avez-vous acceptée ?
G.P. : Pour continuer à grandir dans les 5 à 10 ans qui viennent sur ce marché du e-commerce, il faut une forte notoriété et une puissance commerciale importante. Nous les avons. En revanche, nous avons besoin d'une stabilité financière et s'adosser à un tel groupe va nous permettre de mettre en oeuvre une politique d'investissements très sereinement dans les années qui viennent.
Boursier.com : Outre l'aspect financier, que va vous apporter Altarea ?
G.P. : Cet acteur va nous ouvrir de nouveaux horizons : Altarea est une foncière de commerces et a donc l'habitude des relations avec les marchands. De plus, la société est assez jeune et est orientée vers les défis entrepreneuriaux et cela nous a donné envie de passer cet accord.
Boursier.com : Le nom de l'allié, Altarea, un promoteur immobilier a pu surprendre...
G.P. : Quand on s'allie avec un acteur faisant le même métier, le risque est celui de la cannibalisation et du manque d'innovation. Aujourd'hui, tout le monde s'interroge sur le lien entre le commerce traditionnel et le e-commerce, longtemps opposés. Or, le e-commerce n'a pas tué le "retail". Ces deux formes de commerce doivent cohabiter ensemble désormais. Nous allier avec un groupe comme Altarea est un vrai plus pour un spécialiste du e-commerce comme Rue du Commerce. En outre, Altarea est un animateur du commerce, nous le sommes aussi sur la Galerie marchande virtuelle. Tout ceci devrait donner lieu à des innovations dans les années qui viennent.
Boursier.com : Le prix de l'offre, à 9 Euros, peut paraitre relativement faible 6 ans après l'introduction en Bourse à 15,60 Euros...
G.P. : En fonction de l'angle de vue qu'on prend, on a une interprétation différente. Effectivement par rapport au cours d'introduction, l'opération peut paraitre décevante. Mais il faut être réalistes et constater que la valeur des sociétés a fondu depuis cette date. En revanche, notre cours de bourse a varié entre 5 et 6 Euros ces deux dernières années : l'offre à 9 Euros apparait alors plus attractive. Certes, il faut toujours chercher à mieux valoriser son entreprise, mais il faut surtout regarder l'avenir.
Boursier.com : Restez-vous aux commandes de la société ?
G.P. : Complètement. Je cède une partie de mes titres, mais reste aux commandes, tout en prenant une participation dans la société qui rachète Rue du Commerce avec Altarea. L'objectif est de poursuivre l'aventure, de valoriser l'entreprise. Et de faire passer les 400 ME de volumes d'affaires annuel à plus de 800 ME dans les années qui viennent.
Propos recueillis par Arnaud Bivès - ©2011, 2012 www.boursier.com

