Boursier.com : Le chiffre d'affaires publié pour le compte de l'exercice 2010/2011 est-il conforme à vos attentes?
D.E. : Nous respectons le plan de marche que nous nous étions fixés. Nous avons atteint le haut de fourchette du chiffre d'affaires que nous avions annoncé, ce qui est très satisfaisant. Nous atteindrons donc un résultat bénéficiaire en 2011, comme prévu. Notre stratégie " post sauvegarde " est en bonne voie. Il ne faut toutefois pas attendre un bénéfice très élevé. Nous tablons sur un résultat net légèrement au-dessus de 0.
Boursier.com : Êtes-vous confiant sur la poursuite du redressement engagé, lors du nouvel exercice ?
D.E. : Notre stratégie de recentrage sur des unités de luxe comme Catana porte ses fruits. Nous avons considérablement investi sur la partie marketing, les produits, ce qui a amélioré notre présence auprès d'une clientèle bien ciblée. Les aléas économiques du moment sont des éléments qui peuvent difficilement être appréhendés. Ce qui s'est passé ces dernières semaines pourrait effectivement retarder les processus de décisions de certains de nos clients, surtout en Europe. Mais nous avons toujours beaucoup de contacts et ils ne sont pas rompus. A ce stade, il n'y a pas lieu d'être inquiets.
Boursier.com : Comment jugez-vous votre sensibilité à une récession dans les principaux pays occidentaux ?
D.E. : Nous n'avons pas besoin de vendre nos produits en grande quantité pour réaliser du chiffre d'affaires. Avec 20 ou 25 bateaux Catana par an, nous parvenons à atteindre nos objectifs. La question pour nous est donc de savoir si nous retrouvons chaque année 25 clients dépensant 1 ME. La réponse est " oui " avec une clientèle qui peut se trouver en Russie, en Asie... Déployer notre offre " produits " vers les continents et pays dans lesquels le nombre de personnes à très hauts revenus s'envole, fait partie de notre stratégie. Notre modèle se veut très performant sur un marché du nautisme sans reprise.
Boursier.com : Quelles marges dégagez-vous sur le pôle Services (NDLR, gardiennage, réparations etc...)?
D.E. : Les taux de marge n'atteignent pas ceux de la vente de bateaux. Il s'agit plus de satisfaire le client que de réaliser des marges élevées sur son dos. Mais sur ce segment du luxe, le " Service " est indispensable. Nos équipes peuvent être amenées à intervenir aux quatre coins du monde.
Boursier.com : Les petits bateaux à moteur " White Shark ", qui ne représentent plus que 5% du chiffre d'affaires ont-ils vocation à demeurer au sein du groupe ?
D.E. : Aujourd'hui, cette gamme est quasiment la seule à être produite en France. Nos concurrents fabriquent ailleurs et nous ne nous battons pas à armes égales... Ceci étant dit, la marque est belle, les produits sont reconnus comme très bons. J'ajoute qu'il est difficile, stratégiquement, de se concentrer sur un pôle ne représentant que 5% du chiffre d'affaires. Nous vendons ces modèles avec une marge, mais ce n'est pas sur ce segment que nous pouvons tabler sur un potentiel de développement majeur.
Boursier.com : Pourquoi ne pas arrêter cette gamme ?
D.E. : Idéalement, White Shark nécessiterait de nous rapprocher de certains acteurs de niche et du même secteur pour mieux maitriser les frais commerciaux notamment. Mais aujourd'hui, nous n'avons aucun contact en ce sens. A ce jour, ce pôle est toujours au sein du groupe, nous n'envisageons aucun investissement car ce serait contraire à notre stratégie "post crise", de recentrage sur le luxe.
Propos recueillis par Arnaud Bivès - ©2011, 2012 www.boursier.com

