Boursier.com : AgroGeneration affiche des comptes encourageants à l'issue du premier semestre. Cela préfigure un bel exercice...
C.V. : Les comptes du premier semestre préfigurent d'un assez bon exercice effectivement. La valeur de production, proche du chiffre d'affaires, est attendue en très forte hausse. Nous sommes confiants sur une amélioration sensible de l'EBITDA annuel.
Boursier.com : Comment jugez-vous la récolte alors que vous avez moissonné plus de 80% de vos terres à ce jour...
C.V. : Satisfaisante, notre production progressera en volume de 25% alimentée à la fois par l'augmentation des surfaces cultivées et par la hausse des rendements. Sur ce dernier point, la progression aurait du être plus forte si nous n'avions pas été affecté par La sécheresse de fin de printemps, puis les conditions climatiques peu favorables de l'été.
Boursier.com : Sans les aléas climatiques, les rendements auraient-ils été supérieurs ?
C.V. : Certainement. Nous n'avons pas connu une année idéale au niveau climatique. Ce qui est important dans notre modèle, c'est l'amélioration continue de nos rendements, à partir de terres en friches. Elles ont besoin d'un certain nombre d'années pour atteindre un potentiel de production satisfaisant. Peu importe les conditions météorologiques, nous sommes en mesure de faire progresser les rendements par le travail continu de la terre, année après année. Ils ne monteront pas jusqu'au ciel, mais nous sommes toujours dans une phase de progression.
Boursier.com : Rappelez-nous la date que vous avez fixée pour atteindre ces 100.000 hectares.
C.V. : Nous avons atteint 50.000 hectares cultivés en Ukraine et visons 100.000 d'ici 12 à 18 mois. Hormis la croissance externe indispensable pour les atteindre, nous avons une partie de croissance organique, d'environ 10%, qui se fait par adjonction régulière de champs supplémentaires sur chaque ferme. Nous les louons et négocions au cas par cas avec les propriétaires fonciers, qui constatent que nous travaillons bien et que nous tenons l'ensemble de nos engagements.
Boursier.com : Pour le pan "croissance externe", vous faudra-t-il à nouveau solliciter les investisseurs pour atteindre les 100.000 hectares à horizon fin 2012?
C.V. : La dernière opération de capital en Juillet dernier nous a permis de financer l'acquisition de capacités de stockage supplémentaires en Ukraine et le début du développement en Argentine. Aujourd'hui, nous disposons de trois leviers pour réaliser des opérations de croissance : nos cash-flow sont attendus positifs, nous ne sommes pas endettés et enfin, nous pouvons aussi financer une partie des acquisitions par actions.
Boursier.com : Le délai, fin 2012, pour réaliser une opération, est court...
C.V. : Nous étudions très régulièrement des dossiers ! Nous travaillions encore le mois dernier sur l'un d'eux, de 50.000 hectares, que nous avons finalement décidé de ne pas valider, car nous estimions que la création de valeur n'était pas assez importante par rapport à nos critères. Nous sommes particulièrement prudents et sélectifs, afin de poursuivre notre développement dans de bonnes conditions.
Boursier.com : Êtes-vous satisfaits de vos débuts en Argentine ?
C.V. : Très satisfaits : le pilote que nous avions initié, avec 700 hectares, a répondu à nos espérances. Il nous a permis d'avoir une meilleure compréhension des spécificités argentines, différentes des spécificités ukrainiennes. Nous développer dans l'hémisphère sud nous permet de nous protéger des aléas climatiques en ne dépendant pas d'une seule zone géographique.
Boursier.com : Votre démarche en Argentine est-elle similaire à celle en Ukraine ?
C.V. : Comme en Ukraine, nous ne débutons pas tous seuls. Nous apportons un savoir-faire agronomique, une expertise manageriale en consolidant des dizaines de milliers d'hectares, mais nous pensons que nous associer avec un acteur local nous permettra de partager son savoir-faire sur place et d'obtenir des bons résultats rapidement.
Propos recueillis par Arnaud Bivès - ©2011, 2012 www.boursier.com

