Boursier.com : Les investisseurs particuliers ne sont pas sollicités lors de votre opération de mise en bourse, allez-vous toutefois demander un visa auprès de l'AMF pour leur permettre d'acheter des titres ?
B.C. : Il est évident que les supporters et nos partenaires doivent, à terme, pouvoir acheter des actions du club... Mais nous souhaitons avant tout bien maîtriser notre "Business Model" et nos objectifs avant de solliciter les investisseurs particuliers. Mais, dans l'immédiat, déposer un document de base auprès de l'Autorité des Marchés Financiers nous prendrait beaucoup de temps. Nous ne voulions pas perdre entre 6 mois et 1 an dans un tel processus.
Boursier.com : En mars dernier, vous nous expliquiez avoir tenté de reprendre le club de Nîmes. Vous avez finalement jeté votre dévolu sur Istres... Qu'est-ce qui vous pousse à investir dans le football français ?
B.C. : Je suis convaincu que les clubs de football en France sont décotés. Ils sont inexistants à l'échelon européen. Seul l'Olympique Lyonnais surnage quelque peu, mais sa capitalisation est encore très faible si on la compare à celle d'autres clubs européens. Les dirigeants ont tout simplement oublié de développer leur activité en dehors du sport et du seul merchandising. Il faut doter les clubs d'un troisième poumon indépendant des résultats sportifs. C'est tout le sens de notre projet immobilier.
Boursier.com : Justement, pouvez-vous en préciser les détails ?
B.C. : La partie hôtellerie du projet débutera à la rentrée, il s'agit de trois structures d'entrée de gamme, de 30 chambres chacune. Il y a beaucoup de projets industriels autour de l'étang de Berre, avec une demande importante des entreprises pour loger leurs employés. Pour ce qui est du projet de centre de rééducation pour sportifs de haut niveau, le projet verra le jour en 2010...
Boursier.com : Et pour ce qui est des deux autres "poumons", quels sont vos objectifs financiers ?
B.C. : Le club est déjà rentable, il le restera. Pour ce qui est du merchandising, je suis plus réservé. La vente de maillots d'un club de foot n'est pas une vraie diversification, elle dépendra toujours des résultats de ce club. L'immobilier en est une vraie, totalement indépendante.
Boursier.com : Le club vient de descendre en National (NDLR : équivalent de la troisième division), quels sont les objectifs ?
B.C. : Nous visons la remontée en Ligue 2 dès la saison prochaine et nous voulons accéder à la Ligue 1 dans un délai de 5 ans. Par la suite, l'objectif est d'ancrer solidement le club en première division.
Boursier.com : Concrètement, combien votre fonds Compulease détient-il d'actions ?
B.C. : Bertrand Benoît, président du club, conserve 60% des parts et mon fonds Compulease, ainsi que des associés, détenons 40%. Nous disposons d'option sur 40% complémentaires, à un prix convenu. Nous les exercerons rapidement. Mais après l'augmentation de capital que nous annonçons, nous détiendrons donc 80% de 30%...
Boursier.com : Quel est ce prix convenu ?
B.C. : Il y avait deux hypothèses de prix : maintien en Ligue 2 ou relégation...
Boursier.com : N'est-ce pas un handicap d'évoluer en championnat National pour attirer les investisseurs ?
B.C. : Les investisseurs se moquent de la division dans laquelle évolue le club... Ils constatent simplement trois choses : le club est rentable depuis longtemps, il est dirigé par des hommes efficaces et solides, enfin, le projet de développement est séduisant. J'ajoute que la bourse est un outil qui permet de bien valoriser un club et son projet. Je pense que l'OL y est allé un peu tard. Nous avons décidé de ne pas perdre de temps... Nous l'utiliserons vraiment comme outil, par exemple, les BSA sont des outils intéressants pour récompenser la fidélité des partenaires du club...
Propos recueillis par Arnaud Bivès - ©2007, 2012 www.boursier.com

