Boursier.com : Il y a quelques semaines vous aviez témoigné un fort intérêt pour le club de Nîmes, pourquoi venir aujourd'hui à Istres ?
B.C. : J'ai fait deux propositions que je juge 'raisonnables' aux dirigeants du Nîmes Olympique. Ils n'ont pas donné suite. A Istres, j'ai découvert un club extraordinairement bien dirigé ! Financièrement, il est l'un des mieux gérés Ligue 1 et Ligue 2 confondues : il a gagné 400 KE nets après impôts l'an dernier, contrairement à Nîmes qui affiche des pertes. De plus son bilan financier est très sain.
Boursier.com : Vous arrivez à Istres avec un projet immobilier, de quoi s'agît-il..?
B.C. : Tout d'abord, je tiens à rappeler que nous avons un projet sportif très ambitieux : le retour en Ligue 1 au plus tard dans cinq ans. D'autre part, le projet extra sportif est aussi très ambitieux : nous voulons pérenniser le F.C. Istres, avec la création d'un complexe hôtelier lié à un centre de rééducation pour sportifs de haut niveau.
Boursier.com : Combien allez vous injecter dans le club ?
B.C. : Le fonds d'investissement que je dirige, Compulease, associé à plusieurs investisseurs privés, a pris une participation de 40% dans le club. Il a une option d'achat exerçable dans les deux ans qui permettra de porter la participation de 40% à 79% du capital de la SASP. A très court terme, nous allons injecter une petite somme : 250.000 Euros. Dans les quatre à cinq mois qui viennent, nous rajouterons entre 2,5 et 3 ME pour financer le projet hôtelier. Le club dispose aussi de 1,2 ME de fonds propres. Le coût sera supérieur, mais nous aurons recours à l'emprunt.
Boursier.com : En termes de budget, quels seront les moyens dont disposera le club pour recruter ?
B.C. : Nous y travaillons actuellement. Notre plan, qui sera établi jusqu'en 2011 n'est pas encore définitivement acté, mais il sera établi en fonction d'un objectif clair : le retour en Ligue 1 au plus tard dans cinq ans. Mais il faudra attendre l'issue de la saison pour connaître la somme que nous allouerons aux transferts.
Boursier.com : L'engouement populaire, nécessaire pour bâtir un tel projet, est sans doute moins important à Istres qu'à Nîmes que vous vouliez reprendre. Il y a deux fois moins de spectateurs à Istres, alors que l'équipe évolue à l'étage supérieur...
B.C. : Je pense que le bassin de Fos, Istres, Martigues Miramas est un vrai creuset de football pour bâtir un alter ego à l'OM. Il compte plus de 200.000 habitants dans une circonférence de 20 kms autour d'Istres. Les infrastructures du club sont dignes de la Ligue 1, le stade de 18.000 places est tout neuf. Il y a tout pour réussir ! Michel Drhey nous accompagne dans cette aventure, il aura en charge les relations publiques et sa première mission sera de fédérer tous les quartiers à 20 kms autour d'Istres et d'assurer des dessertes de bus de façon à augmenter la fréquentation du stade.
Boursier.com : Vous n'avez pas caché votre intention d'aller chercher des capitaux en bourse en cas de reprise du club de Nîmes, avez-vous les mêmes intentions pour Istres ?
B.C. : Tant qu'on ne connaîtra pas l'issue de la saison, on ne parlera pas de bourse... Elle est en toile de fond certes, d'ailleurs même un club de National pourrait être côté en bourse, mais dans l'immédiat, nous ne voulons pas faire courir le risque de la relégation à des actionnaires. Par contre, même en cas descente en National, nous mènerions à son terme le projet de complexe hôtelier, avec cet horizon sportif de revenir en Ligue 1 d'ici cinq ans.
Propos recueillis par Arnaud Bivès - ©2007, 2012 www.boursier.com

