Boursier.com : GenOway a présenté des comptes semestriels solides, néanmoins le résultat d'exploitation recule, comment cela s'explique t-il ?
A.F. : Le résultat d'exploitation s'établit en effet à 0,24 ME, ce qui représente quand même 6% du chiffre d'affaires contre 0,4 ME l'année dernière et ceci malgré une croissance modérée des charges d'exploitation (+3,5%) et une progression de plus de 5% du CA. Deux éléments majeurs sont à l'origine de cette évolution, d'une part, poursuivant ses objectifs de croissance et d'innovation, genOway s'est donné les moyens de ses ambitions en renforçant ses équipes d'où une augmentation de sa masse salariale (+6% par rapport au 30 juin 2010) alors que la productivité, elle continue de s'accroître. D'autre part, nous avons pâti d'une modification du mode de calcul du crédit impôt recherche qui a eu un impact négatif non négligeable (de 85 KE) sur nos "Autres revenus" du 1er semestre.
Boursier.com : Quel montant de Crédit Impôt Recherche pensez-vous encaisser en 2011 ?
A.F. : Nous avons encaissé en août dernier 830 KE qui correspondent au montant du CIR 2010.
Boursier.com : Comment se traduit l'environnement économique difficile pour GenOway et votre secteur?
A.F. : Certes le contexte économique est difficile et particulièrement aux Etats-Unis où genOway réalise environ 60% de son chiffre d'affaires, bon nombre de budgets dédiés à la recherche scientifique semblent gelés temporairement ou parfois définitivement et cela en raison des opérations de fusions et /ou de restructurations qui s'opèrent dans l'industrie pharma. Malheureusement pour des sous-traitants comme genOway ce sont des périodes délicates car très peu de décisions sont prises. L'attentisme des donneurs d'ordre nous pénalise et particulièrement celui de nos interlocuteurs privilégiés que sont les chefs d'équipes de recherche, qui sont à la fois assez compétents sur l'aspect opérationnel tout en ayant les moyens et les fonds nécessaires pour effectuer le choix d'avoir recours, ou non, à nos services. Et là depuis plusieurs mois force est de constater, un ralentissement au niveau de plusieurs prises de décisions.
Boursier.com : Vous évoquez des perspectives favorables pour les six derniers mois de 2011 et pour 2012. Qu'est-ce qui vous rend confiant ?
A.F. : Nous sommes donc dans l'optique de créer une croissance durable, importante et rentable. Pour cela nous comptons nous appuyer sur 3 critères, tout d'abord l'investissement permanent dans l'innovation en continuant d'accroître la productivité de notre plateforme technologique et l'exclusivité de notre offre. Ensuite, nous souhaitons renforcer notre activité de business development avec un focus particulier sur le "new business" et les grandes sociétés biopharmaceutiques. Enfin, la Société entend développer son réseau de partenariats stratégiques pour compléter sont offre et atteindre plus rapidement de nouveaux clients. Nous considérons 2011 - 2012 comme une période de transition, la société se remet en position d'investir et veut mettre la priorité sur la reprise d'une croissance forte grâce à ces nouveaux investissements et ceci après 3 années centrées sur la rentabilité avec des taux de croissance plus modérés. Le renforcement de notre plateforme technologique, dont la récente acquisition de la licence RMCE est le meilleur exemple, combiné avec des partenariats stratégiques ciblés, devraient permettre à la fin de la période 2011 - 2012 de retrouver une croissance à deux chiffres. Il est à noter que ces investissements se font sans dégradation excessive des performances de la société qui reste en croissance, profitable et cash flow positive.
Boursier.com : Vous annoncez, pour les 12 prochains mois, " plusieurs accords majeurs ". A quoi faut-il s'attendre ?
A.F. : Nous sommes actuellement en train de réfléchir aux solutions les plus pertinentes pour nous. Nous envisageons de trouver d'une part des partenaires pouvant nous procurer des prospects et des entrées commerciales. Plusieurs possibilités s'offrent à nous, un accord avec des sociétés de biotechnologies actives dans les modèles in vitro ou encore des partenariats avec des plateformes technologiques académiques à forte valeur ajoutée. Nous pourrions également envisager de développer un réseau d'apporteurs d'affaires afin de pénétrer commercialement des "petits pays" mais où l'activité de recherche est importante, où nous sommes inexistants pour l'instant. Parallèlement, nous cherchons à enrichir le contenu de nos prestations grâce à de nouveaux partenariats. Là aussi ces derniers pourraient revêtir plusieurs formes telle que l'incorporation dans notre offre, d'activités réalisées par nos clients lorsque les animaux leur sont livrés et notamment, la validation fonctionnelle dans l'activité moléculaire et physiologique.
Boursier.com : Quels sont les grands défis de développement de moyen terme pour GenOway ?
A.F. : Maintenant que notre modèle économique a prouvé qu'il était structurellement rentable, nous devons créer les conditions d'un cycle de forte croissance rentable. Pour cela, il nous faudra investir dans l'innovation afin d'accroître la productivité de la plateforme de production et de créer une offre véritablement exclusive. D'un point de vue commercial il faudra renforcer l'activité de business development et comme nous l'avons dit auparavant constituer un réseau de partenariats stratégiques, pour toucher encore plus rapidement de nouveaux clients et enrichir le contenu de nos offres. A travers les différents leviers de croissance que j'ai cité précédemment nous sommes confiants dans la capacité de la société à changer significativement de taille à moyen terme. Nous entrons de pleins pieds dans une période charnière d'investissements importants qui devraient commencer à porter leurs fruits dans 2 années à venir...
Propos recueillis par Arnaud Bivès - ©2011, 2012 www.boursier.com

