Boursier.com : Affine a bénéficié d'une évolution favorable de la juste valeur de ses actifs au premier semestre. La bonne tendance va-t-elle se poursuivre sur la deuxième moitié de l'exercice ?
A.C.: Le redressement des comptes du groupe et des valeurs des actifs avait été déjà amorcé au second semestre 2010. Cette tendance s'est renforcée au cours du premier semestre 2011 et devrait perdurer sur la fin de l'exercice dans la mesure où on estime que la hausse des valeurs qui a d'abord concerné les immeubles parisiens va petit à petit s'étendre à l'ensemble du patrimoine de province, mais dépendra bien sûr de l'évolution générale de l'économie mondiale et de celle des taux d'intérêt dont la baisse a été à l'origine de l'augmentation des valeurs.
Boursier.com : Votre vision est donc sereine concernant le marché immobilier...
A.C.: Globalement, les marchés de l'immobilier se sont redressés en France depuis 2010, ce qui se retrouve dans la faiblesse des taux de vacance et l'augmentation des valeurs des biens. Ce qui reste préoccupant, c'est la faiblesse de la croissance du pays qui entraine une demande locative relativement peu dynamique, mais qui suffit pour l'instant à combler l'offre il est vrai ralentie ces dernières années par les promoteurs et les investisseurs.
Boursier.com : Y a-t-il des différences entre les trois segments où Affine est présent : Bureaux, commerces et entrepôts ?
A.C.: Le commerce est traditionnellement le secteur le plus stable et a moins souffert de la crise. Le marché des bureaux est bien reparti avec une demande forte pour les bureaux de nouvelle génération. Et le secteur industriel et des entrepôts qui a le plus souffert de la crise, commence à se redresser.
Boursier.com : Quel était le taux d'occupation de votre parc au 30 juin dernier ?
A.C.: Il atteignait 88,7%, soit quasiment le même niveau qu'il y a 6 mois. Une partie de la vacance ne provient pas de départs de locataires, mais il s'agit de bâtiments nouveaux, en particulier de centres commerciaux que nous sommes en train de louer.
Boursier.com : Il devrait donc progresser l'an prochain ?
A.C.: Il progressera au cours de l'année 2012 et retrouvera un niveau normatif pour Affine qui est de 94/95%.
Boursier.com : Vous souhaitez simplifier la structure du groupe en rapprochant Affine et AffiParis. Comment allez-vous procéder ?
A.C.: Ne pas consolider Affine, et AffiParis sa filiale dont elle est aussi gestionnaire des actifs, est un élément qui complique l'analyse du groupe par les investisseurs et les analystes financiers. D'autre part, AffiParis était appelée, avant la crise, à se développer en partenariat avec un certain nombre d'institutionnels, et la forte décote qui affecte le titre, n'a pas permis de faire jouer ces partenariats. Sa capitalisation boursière est insuffisante pour constituer un vecteur d'investissement pour des institutionnels, donc nous étudions différentes modalités qui permettraient d'intégrer AffiParis dans Affine de façon à ce qu'il n'y ait plus qu'un seul véhicule coté.
Boursier.com : Un retrait de la cote dans la logique de celui de Banimmo en janvier ?
A.C.: Non, il s'agissait là d'un retrait purement technique pour des raisons de coûts, Banimmo étant déjà côté à Bruxelles. Pour AffiParis nous envisageons tout d'abord une reconstitution des fonds propres, la société étant assez endettée et allons faire converger les stratégies et moyens d'actions entre Affine et AffiParis, tout en laissant une certaine autonomie entre les deux entités qui ont des portefeuilles d'actifs assez différents.
Propos recueillis par Arnaud Bivès - ©2011, 2012 www.boursier.com

