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Brexit : les banques sans repère

La sortie du Royaume-Uni de l'UE bouleversera toute l'économie britannique. La City de Londres, première place financière mondiale avec Wall Street, devrait être le secteur le plus touché. En Bourse, les valeurs bancaires ont plongé vendredi.

Brexit : les banques sans repère
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — L'annonce de la victoire du camp du Brexit a fait l'effet d'une bombe sur les Bourses mondiales en fin de semaine passée, tout particulièrment dans le compartiement bancaire. Le secteur financier a vécu la chute la plus spectaculaire, avec un plongeon de l'ordre de 14% en moyenne, vendredi, des cours des actions bancaires... Ce lundi, la baisse se poursuit avec un nouveau déficit de l'ordre de 5 à 6% à Paris...

Vendredi, BNP Paribas a perdu 17,4%, Société Générale, -20,6%, Crédit agricole, -14% et Natixis -17,1%. A Londres,  Lloyds, Royal Bank of Scotland et Barclays ont abandonné respectivement 21%, 18% et 18%.

A New York, les baisses étaient un peu moins spectaculaires : Goldman Sachs (-7%), Bank of America (-7,4%), JP Morgan Chase (-7%) et Morgan Stanley (-10%).

Le "coup de tabac" a été d'autant plus prononcé que les cours avaient nettement rebondi ces derniers jours dans l'espoir de la victoire d''un "Bremain", un maintien du Royaume-Uni dans l'UE.

Des milliers d'emplois menacés à La City

Toutes les grandes banques mondiales sont fortement implantées à Londres... Un Brexit leur fait craindre, d'une part, une baisse de leurs activités, et d'autre part, elles risquent de devoir déménager une partie de leurs équipes vers d'autres pays, en Europe, voire en Asie, si les accords bancaires actuels avec l'Union européenne sont remis en cause...

Ainsi, dans les semaines précédant le référendum britannique, plusieurs banques ont fait savoir qu'en cas de Brexit, elles envisageaient des transferts vers d'autres cieux que la City... Selon l'agence 'Bloomberg', Morgan Stanley envisagerait de transférer 1.000 personnes (sur 6.000) de Londres vers le continent. Goldman Sachs, qui compte 5.500 salariés à Londres, a déjà menacé d'en transférer environ 1.600 à Francfort ou à Paris. JP Morgan, avait averti dès juin qu'elle pourrait supprimer 1.000 à 4.000 emplois sur les 16.000 qu'elle compte au Royaume-Uni sur six sites.

Pas de panique pour le patron de Société Générale

Vendredi, Frédéric Oudéa, le PDG de la Société générale et le patron de la Fédération bancaire française (FBF), a cependant refusé de céder à la panique, même s'il a estimé, lors d'une conférence de presse, que le secteur financier sera le plus impacté par le Brexit.

Dans ce nouveau contexte, les banques françaises pourraient réduire leurs activités de marché et de BFI (banque de financement et d'investissement) à Londres, et rapatrier des salariés sur le continent, selon M Oudéa. Il a cependant ajouté que les banques françaises sont "parfaitement préparées" et que les réactions des marchés sont "tout à fait gérables".

Pour le responsable bancaire, les banques françaises seraient même "parmi les moins impactées" par le Brexit, dans la mesure où elles disposent déjà de "deux pieds: un en zone euro et un en Grande-Bretagne. Les infrastructures (immeubles, systèmes informatiques...) existent pour transférer les salariés", ce qui n'est pas le cas pour d'autres établissements, pour qui Londres est actuellement la seule implantation dans l'Union européenne.

Londres menacée de perdre son "passeport financier" européen ?

L'enjeu est très important pour les banques dans la mesure où le Brexit menace de remettre en cause deux avantages fondamentaux de la place financière britannique (dans l'attente de nouveaux accords à négocier dans un délai de deux ans).

D'une part, la City de  Londres pourrait perdre son "passeport" européen, qui permet à un établissement de crédit ou à un établissement de paiement agréé dans un pays de l'Union européenne d'exercer ses activités dans les différents pays de l'Union... Si le Royaume-Uni perdait ce précieux sésame, les banques internationales qui utilisaient Londres comme "tête de pont" pour travailler dans l'Union européenne devront se faire désormais agréer sur le continent...

Ce serait notamment le cas des cinq grandes banques américaines, qui emploient plus de 40.000 personnes à Londres. Profitant du régime de "passporting rights", elles offrent leurs services (fusions-acquisitions, courtage de devises, obligations, matières premières, émissions de titres...), dans l'ensemble de l'UE en profitant de leur seul agrément du Royaume-Uni sans avoir une présence physique importante sur le reste du continent. Une implantation dans l'UE entraînerait pour elles des coûts accrus et le risque d'une baisse de leurs activités de marchés...

Les chambres de compensation de l'euro pourraient déménager...

Le deuxième enjeu crucial pour la City sera de conserver son activité de compensation des opérations en euro... Actuellement, Londres héberge les chambres de compensation qui assurent le bon déroulement de l'essentiel des grandes opérations financières réalisées en euros, ce qui en fait "la" place financière de la monnaie unique européenne.

Le Brexit relance donc le débat sur la localisation de ces chambres de compensation, qui sont régulées par les autorités bancaires européennes.

Il reste que les malheurs annoncés de la place financière de Londres attisent les convoitises des autres places européennes, qui rivalisent déjà pour attirer les banques sur leur territoire. Les experts estiment que Francfort, Dublin et le Luxembourg sont les mieux placés, devant Paris.

La Place de Paris met en avant ses atouts !

Vendredi, Paris Europlace, l'organisme chargé de promouvoir la place financière de Paris, a publié un communiqué, affirmant que la place parisienne est "prête à accueillir encore plus largement les entreprises qui souhaitent renforcer leur implantation dans l'Union Européenne".

La Place de Paris demande aussi au gouvernement "la mise en place immédiate d'une stratégie renforcée d'attractivité, y compris réglementaire et fiscale..."

Frédéric Oudéa a de son côté estimé que "la Place de Paris a une opportunité en l'espèce. Mais il y a d'autres places : Francfort, Dublin, Luxembourg", a prévenu le président de la FBF. "Londres devrait avoir les moyens de rester une place financière importante, mais il y aura un rééquilibrage, quelque chose de plus multipolaire", a-t-il conclu...

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